Dans la vie ça monte et ça descend


Il serait bien le seul à rester à plus de 63 % d’opinions favorables, chiffre jamais atteint ou presque pour un président de la république.
Une loi naturelle d’évolution, je ne vous apprends rien, on n’est stable qu’en bas de l’échelle. Ce qui est intéressant comme réflexion c’est comment a t-il pu obtenir une côte de popularité si élevée à son élection ?
D’abord une opposition qui croyait tout emporter mais divisée, donc faible et critiquant voire maltraitant Ségolène Royale la championne du duel socialiste. Courageuse de s’engager dans cette aventure masculine, les crocs en jambes ne lui ont pas manqués, l’UMP n’avait pas besoin de le faire. N’étant pas à la hauteur de Nicolas, mais avec un meilleur programme elle n’a pas su le mettre en valeur auprès des Français manquant de crédibilité.
De plus, il avait pour lui la presse écrite presque dans sa totalité avec les médias télévisuels. Lorsqu’il était ministre de l’intérieur il a forgé sa cote de popularité par le cadeau que lui ont fait les émeutes de fin 2005, c’était du petit lait. Ses réactions à l’emporte pièce, «ce sont des canailles je vais les nettoyer au Karcher», bien qu’elles soient vulgaires et pas à la hauteur d’un futur représentant de notre pays, elles ont eu un écho auprès de l’électorat du FN et des personnes âgées. De plus, les habitants des banlieues avec leur souffrance due au chômage, abandonnés, qui ont vu leurs voitures brulées avec les dégradations de leur citée, la sécurité n’y étant plus, habituellement à gauche se sont retournés, c’était aussi la cerise sur le gâteau.
Le laissé aller du précédent gouvernement dans l’amélioration des conditions de vie dans ces banlieues à risques, au lieu de lui être néfaste, s’est finalement retournée en sa faveur, et Nicolas en à reçu les fruits.
Cela me rappelle mai 68.
La cote d’impopularité de Jacques Chirac et de celle de son gouvernement, ont été oubliés lors du vote des Français, ils n’avaient pas d’autre choix d’autant que Bayrou comme un cheveu sur la soupe a perturbé l’opposition, qui a perdu en fait au premier tour, la dynamique était lancée. L’effet balance du centre a joué pour la droite comme à son habitude malgré les déclarations de Bayrou pour donner le change.
Quand il a fallu s’engager lors de la visite de Ségolène à son domicile, il n’y avait plus personne. C’est un mou prétentieux que tous ses amis ont abandonnés.
Les Français ont la mémoire courte, et ils oublient bien vite ce qu’ils ont subis, c’est un postulat de l’action politique d’un gouvernement. Il faut faire des réformes au début après ce n’est plus possible. Il faut laisser au temps faire son ?uvre pour l’oubli, au début ça fait mal puis on s’habitue.
Il faut prendre en compte aussi le fait que les 35 heures, cheval de bataille de la droite et du patronat, malgré les avantages qu’ils en ont tirés, a démantelé l’électorat de gauche, et tous les salariés ont subit la politique de blocage des salaires, comme les Français sont égoïstes, ils n’ont pas aimé. Perdre du salaire pour permettre l’embauche ce n’est pas leur vision de la vie sociale. Ils en ont fait porter la faute à la gauche qui n’a pas eu le temps de mettre en place les correctifs et n’a su se défendre, elle n’avait plus la parole, assommée par la défaite, et étouffée par Sarkozy.
Il faut reconnaître que les 35 heures ont été une expérience d’avant garde, mal montée, et contre le patronat qui tient les ficèles, bien qu’elle portait en elle une potentialité d’embauche, ce qui s’est vérifié.
Plus de 500.000 emplois ont été créés, 7 % de gain de productivité pour les entreprises, pour un coût de 7 milliards d’ ? (Martine Aubry).
D’autres facteurs ont joué en sa faveur, ses affrontements avec Villepin, son opposition sous jacente à Chirac qui n’était plus apprécié, ont contribué a faire de lui l’homme providentiel. Jeune dynamique, expérimenté il donnait de l’espoir.
Avec le temps ces éléments politiques ne deviennent plus d’actualité, ils ont bien servis, ils sont usés. Il faut trouver autre chose.
Si l’on analyse la composition de ce gouvernement, on remarque que ce sont les mêmes ministres qu’avant aux postes importants, et une action de lassitude s’installe auprès des Français d’autant qu’ils ne voient aucune amélioration de leur condition de vie, bien au contraire, une dégradation des conditions de vie avec de plus en plus de pauvres, le rêve est passé.
La dessus, ses premières actions ne sont pas orientées vers le pouvoir d’achat des Français malgré son engagement de campagne, pas d’augmentation des petites retraites et des bas salaires mais un paquet fiscal de 15 milliards d’ ? aux plus favorisés, limitant à 50 % le taux d’imposition avec effet rétroactif, ce qui conduit à des remboursements d’impôts, font que l’on entend le premier ministre dire qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses.
Il y a toutefois un point positif apparent c’est la réduction des régimes spéciaux de retraite avec une durée de cotisation égale pour tous à 41 ans d’activité dans quelques années ce que la majorité des Français souhaitaient, mais on ne sait pas quelles ont été les contre parties négociées.
Je serais étonné que les employés de la SNCF, de la RATP, EDF, et GDF, aient acceptés facilement de perdre leurs avantages.
Mais c’est un point positif pour ce gouvernement pouvait-il faire autrement ?
Il y a aussi la fusion Suez Gaz de France pour laquelle Sarkozy avait laissé entendre son opposition et que l’Etat conserverait une participation de 70 %, qui est passée dans les oubliettes.
Par contre il a commis, avec les tests ADN, même s’ils sont vidés de leur substance, une faute qui moralement le discrédite. De Gaulle n’aurait jamais fait cela, il avait une haute valeur de la France.
La valse des tribunaux (voir mon article) mise en ?uvre par Rachida Dati sans concertation approfondie avec les avocats et magistrats, bouleverse le paysage judiciaire sans en avoir démontré la nécessité, et rendant ainsi plus difficile l’accès des Français a la justice pour faire valoir leur droit, l’éloignement des juridictions prudhommales est une lourde erreur. Pour faire rejeter une réforme par l’ensemble d’une corporation, il n’y a pas mieux qu’elle.
Et puis, la rétention de sureté immédiate pour les criminels jugés dangereux à la fin de leur peine, encore dans les cartons mais bientôt au parlement, instaurant ainsi une peine éternelle pour les délinquants sexuels un non sens moral, sachant qu’il y a bien d’autres mesures plus républicaines et humaines qui pourraient être mises en ?uvre, c’est la porte ouverte à tous les abus.
La réduction des remboursements des frais de maladie, on avait déjà subit une ponction avec Douste Blazy qui était mal digérée alors que les médecins ont vu l’augmentation de leurs honoraires, et maintenant on assiste à l’éclosion des sur honoraires pour les praticiens du régime à honoraires libres.
A cela s’ajoute les prélèvements sur les médicaments pour 50 ? par an qui font que certains ne se soignent plus.
Et puis on ne peut ne pas évoquer le slogan travailler plus pour gagner plus qui montre l’arrogance de Sarkozy quand l’on sait que la machine a remplacé les salariés, comme si il ne le savait pas, et qu’il n’y plus assez de travail pour tous. C’est se moquer du monde.
On assiste depuis quelques mois au remplacement des caissières de super marchés et d’hyper marchés par des caisses ou l’on enregistre ses articles et l’on paye avec sa carte bancaire, j’ai déjà écrit à ce sujet dans mes articles “L’inhumaine dérive”.
Alors il invente des heures supplémentaires pour donner du pouvoir d’achat à ceux qui peuvent travailler, heures sup non prises en compte pour la retraite puisque défiscalisées. Avec cela, il veut payer les jours de RTT pour donner un peu de lest. Mais peu sont ceux qui peuvent en bénéficier, de sorte que ce sont des pansements qui vont coûter chers.
Il faut aussi associer le comportement de Sarkozy en politique extérieure, il félicite chaleureusement Poutine, alors que celui-ci a eu une politique de dictateur en muselant son opposition, ne pouvait-il pas le féliciter simplement comme l’on fait les autres chefs d’Etat sans lui passer la main dans le dos.
Evoquons la réception de Kadhafi, ce preneur d’otages, un bide, même si cette visite pouvait se justifier, mais pas avec ce faste. Il nous a roulé dans la farine. Etait-il besoin d’avoir une tente bédouine dans l’Hôtel Marigny avec 400 personnes et 100 limousines combien cela nous a t’il couté ?
J’évoque les contrats de 10 milliards donnés pour acquis et largement commentés par les médias justifiant sa visite, alors que ce ne sont pour la plupart que des promesses, seulement 2,5 milliards d’ ? ont été signés, mais ils pouvaient l’être à Tripoli comme le font les autres pays, voire mon article “Le cirque de Kadhafi les bons et les moins bons milliards”.
L’objectif n’était-il pas de récompenser Kadhafi par une reconaissance internationnale d’avoir libéré les infirmières et le médecin palestinien qu’il a retenus en prison pendant 8 années ?
Et puis, après son élection sa croisière sur le yacht de son ami Bolloré et ses vacances à Walfeboro dans une maison de rêve payée par on ne sait qui, et la main dans le dos à Georges Bush.
Ses fêtes avec ses amis du show-biz Johnny Hallyday et consorts, ce n’est pas ce qu’aiment les Français pour leur président. Autant d’actions qui montrent qu’il aime le luxe et l’argent et qu’il n’est pas encore majeur.
Ne sait-il pas accordé une augmentation de 190 % de son salaire votée par l’Assemblée nationale à sa main prétextant qu’il voulait agir en toute transparence et il fallait qu’il gagne autant que son prédécesseur retraite comprise, voir mon article “A propos. du salaire de Sarkozy”.
Sur bien des points, les Français auraient acceptés les sacrifices demandés pour que la société Française change espérant que l’orientation prise serait meilleure, mais ce qui a fait un choc dans beaucoup des nôtres, c’est l’exposition médiatique de sa vie privée, son divorce, ses voyages avec Carla Bruni sans aucune retenue, sachant qu’elle n’en est pas à son premier et que lui à sa première.
Cette mise au rang de la banalité de rue du prestige de la fonction présidentielle ne plait pas avec juste raison. Il ne montre pas l’exemple à son peuple d’une tenue exemplaire, comment voulez vous exiger ensuite des Français un comportement respectueux et moral.
On a parfaitement le droit de se marier plusieurs fois et d’avoir plusieurs femmes, mais avouez que cela n’est pas un bon exemple d’une vie de consensus et d’entente exigée dans un couple par le mariage.
Il veut nous engager dans une civilisation libérale ou l’argent dominant la société (on voit ce qu’il en est avec la société générale) basée sur celle des Américains. Tout nous y oppose, notre culture, notre histoire, nous aimons nos villages, nos villes travailler près de chez soi, avoir des maisons en dur pas en bois. Nous sommes des latins nous n’aimons pas le risque, nous aimons la bonne chère, le bon vin, pas les Mac’ Do même si nous en sommes envahis. Ils font la perte de notre identité.
Et puis vient cette commission Attali la commission de l’impossible (voir le blog Langue sauce piquante Le Monde.fr) dont certains articles sont plus mal digérés a droite qu’a gauche. J’ai écrit trois articles sur cette commission montrant les problèmes qu’elle va engendrer, elle créée une suspicion néfaste pour certaines corporations et pour notre pays, de sorte que je ne vois pas comment Sarkozy va s’en sortir.
Avec cette rétrospective qui n’est pas exhaustive, la chute de popularité de Sarkozy s’accentue, son image présidentielle revient au niveau de celle de Jacques Chirac en février 1996, après les grandes grèves de l’hiver 1995. Sa cote de confiance à dévissé en janvier de 8 points pour tomberà 41 % pour 55 % d’insatisfaits.
Selon le baromètre mensuel TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine. M. Sarkozy paie l’aveu de son impuissance sur le pouvoir d’achat (Je ne peux pas vider des caisses déjà vides) et l’exposition de son bonheur. Entre Carla et moi, c’est du sérieux .
Dans les quartiers populaires, on se fait engueuler matin, midi et soir sur le pouvoir d’achat, confirme un ministre. Même sur le chômage, les Français jugent à 70 % l’action du gouvernement inefficace (+ 6 %, selon la Sofres). Celui-ci a pourtant reculé de près de 10 % en 2007, avec 194 000 chômeurs en moins.
Il faut relativiser sur la baisse du chômage, il y a un effet conjoncturel démographique qui fait que le chômage aurait baissé de toute façon. En outre, il faut voir quels sont les emplois créés bien souvent des emplois précaires à bas salaire à mi temps ne permettant pas de vivre décemment. Et puis l’on entend ici et là la fermeture d’une activité mettant en péril une région. Les skis Rossignol du groupe Quiksilver sont à vendre, l’OPA de l’Indien Mitral sur le groupe Arcelor, Alcatel-Lucent restructure 4000 emplois sont menacés 8 mois après les premi’ères suppressions de postes, etc…La situation économique va mal, les prélèvements obligatoires n’ont jamais été aussi élevés. L’énergie est hors de prix et tout augmente par ricochets.
Patrick Pujadas au journal de la deux hier soir a beau venir au secours de Sarkozy, en évoquant la baisse du chômage ce qu’il n’avait pas fait du temps de Jospin qui lui aussi avait un bilan positif sur le chômage, rien n’y ferra les Français ont compris pour toutes les raisons que je viens d’évoquer.

L’érosion de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy se poursuit inexorablement. Après une chute de 8 points en janvier, il n'y a plus que 41 % de Français satisfaits..
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