233124 avis
L' Ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz |
|
| 13-02-2012 17:19 - 339 visites - Flux TV, Médias, Ciné, Musique - Ecrit par Jiminix - Lire son flux RSS | |
1988. Mitterrand à l' Élysée, Chirac à Matignon. La France occupe la Nouvelle-Calédonie et encourage ses ressortissants à migrer sur l'île, afin de rendre la population Kanaks minoritaire. Un classique.
"Le vendredi 22 avril 1988 au matin, à Fayaoué, sur l'île d'Ouvéa, deux jours avant le premier tour des élections présidentielles, des indépendantistes kanaks et membres du FLNKS, attaquent la gendarmerie (les 3 gendarmes permanents étant récemment renforcés par 28 gendarmes mobiles), dans le but de l’occuper jusqu’au jour du deuxième tour en prenant les gendarmes en otage. L’attaque dégénère (un des officiers refuse d'être pris en otage, prend son arme et tire) et quatre gendarmes sont tués par balles et trois indépendantistes blessés. ...Les vingt-sept autres gendarmes, désarmés, sont pris en otage et séparés en deux groupes. Le premier groupe, mené par Chanel Kapoeri, se rend dans le sud de l’île à Mouli, où les otages sont finalement libérés trois jours plus tard, à la demande des « vieux » et des coutumiers. Le second groupe de seize otages conduit par Alphonse Dianou (ancien séminariste s'occupant des jeunes du FLNKS) est emmené dans une grotte près de la tribu de Gossanah."
300 militaires pas foutus de trouver 30 gendarmes sur une île minuscule, un président et un ministre en pleine élection, des gradés militaires qui rêvent de guerre...voilà, à la moitié du film, on a déjà une idée du déroulement des choses: un pays et son armée défiés par une poignée d' autochtones, et un gouvernement qui ne peut supporter l' affront.
Et les élections qui compliquent les choses. Toujours le même refrain, l' Élysée tente de résoudre quand Matignon fait le blocus, Mitterrand joue l'honneur de la France et Chirac souhaite
"...tout ce qui a été publié à l'époque est faux...il ne s'agit ni de terroristes, ni de cannibales...il n'y a eu ni massacre, ni viol, ni décapitation à la machette. C'est juste le résultat d'une panique.", Mathieu Kassovitz
Pour l'exemple, le Gign est sur place, prêt à intervenir. L'armée s'est repliée, mais reste en alerte. Le FLNKS ne veut pas se mouiller sauf si la France cesse de les désigner comme un groupuscule terroriste.
Il en fallait du courage, même lorsque l'on s'appelle Mathieu Kassovitz, qui décidément, est bien l'un des rare réalisateur français à prendre position dans ses films, même quand celles-ci vont à l'encontre de la version officielle de "son" gouvernement de l'époque. Merci à Mathieu Kassovitz, et au Capitaine Legorjus, le seul héros Français de l'histoire. Merci aux Kanaks, dernier peuple autochtone à s'être rebellé contre l'envahisseur français. Merci au 150 000 français qui sont allés voir ce film en salle. C'est parfois difficile de se savoir...français.
Commentaires (1)
Veritas a dit:Ecrivez un commentaire
|
|||||
|
Entreprises & commerces: publiez vos communiqués sur C4N
|
Trouver un article publié sur C4N
Qui écrit sur C4N ?
|
Depuis 2007 un euro gagné par article exclusif publié sur C4N
|
Infos Reporters
les revenus publicitaires sont reversés aux reporters, commentateurs et à des associations humanitaires.
Date prévisionnelle de versement des droits d'auteurs du mois d'avril :
10 juin
