"Voilà"(1)... que je reçois dans ma messagerie cette information: "Le voilier avec lequel Jacques Brel a navigué vers les îles Marquises au cours des dernières années de sa vie est arrivé jeudi matin au chantier naval de Rupelmonde. Sur le dock, l'état de l'acier du navire a été analysé et l'acier de la quille et de la coque réparé. Le transport spécial d'Ostende à Rupelmonde a débuté mercredi soir et a duré cinq heures.
Les travaux de restauration s'annoncent très importants, seuls la quille et le bas de la coque étant encore en bon état, a indiqué le copropriétaire du navire, Peter Janssens. Le coût total de la restauration s'élèvera à environ un million d'euros. Seuls les travaux d'aciérie sont déjà financés par des sponsors.
Jacques Brel a acheté le navire en 1974 et a fait le tour du monde à son bord. Après sa mort, le bateau, pris dans une tempête, s'échouera sur une plage de Nouvelle-Zélande. En 2008, le navire a été remorqué à Ostende, où il attendait des fonds pour être restauré."
? ou !
Rénover le voilier avec lequel Jacques Brel a fait route vers ces îles reposantes.... aux Marquises (1)...
Décidément Don Quichotte n'est pas tout seul, comme Jef! Certains ont juste plus de moyens...
Au long de ma route qui m'a conduite, en train, de Vesoul à Troyes, puis en voiture, à 20km/heure, de Troyes à Vierzon, puis, encore, en voiture et presque toujours à 20km/heure, de Vierzon à.... Honfleur.... il m'en est passées des idées plein la tête! La France et ses paysages défilaient et moi... je rêvais... parfois je dois dire! "de ces voyages qui nous chavirent de paysages en paysages et de visages en visages..."(1)
Quand la pluie tombait, je me disais "et bien! si c'est comme ça jusqu'en Normandie!" et puis dans le livre "OEUVRE INTEGRALE" de Jacques Brel, j'ai trouvé une chanson: "l'orage" pour illustrer quelques photos d'un tracteur sur une route reluisante... aux abords d'une centrale nucléaire à BONNY SUR LOIRE; puis s'en est suivi un paysage de vergers, de pommiers pas encore en fleurs mais cela ne saurait tarder. Puis quand, malgré les prévisions météorologiques négatives, nous avons constaté que le soleil nous accompagnait presque tout au long dans la campagne de France, lors des traversées des villages, on pouvait penser que finalement "il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards, Moi, je m'en fiche"(1);
Mais, j'avoue, qu'à certains moments l'idée de la folle entreprise m'a traversé l'esprit. Franchement ! Est-ce bien raisonable ? Mais quand au détour d'un virage, nous découvrions un nouveau paysage, "la pluie noyant l'espace au long des brumes du pays plat"(1), les étangs couverts de brumes en Sologne, un couple de faisans, un écureuil qui file grimper sur un arbre, un château, une église, un lavoir, un moulin, une grange pyramidale, un four à globe, un chêne de 700 ans à MEAUCÉ (28), un groupe de chevreuils qui traversent devant la voiture, des ponts, des rivières, des vallons des collines, comment peut-on s'imaginer...(ah! non, ça c'est Jean Ferrat), "des coteaux en ribambelles pour enrubanner nos vies des vins clairs de fleurs nouvelles... VOICI!", un poisson d'avril consistant en quelques chicanes lors de la traversée d'un village (très drôle et surprenant!)... mais aussi des usines fermées et des maisons "à acheter"...
Et BEAUGENCY.... "Beaugency,
Notre-Dame de Cléry,
Vendôme, Vendôme !"
"Le coeur a ses raisons que la raison ne connait point" - Blaise Pascal -
Oui ! Quand sur des dizaines de kilomètres, vous vous surprenez à suivre un, puis deux tracteurs d'une marque sensée faire connaitre une ville, en suivant les paroles d'une chanson, il y a des moments où l'on se pose des questions! L'aventure commence à l'aurore (1), certes!
A la fin du voyage, de Vierzon à Honfleur, nous aurions traversé plus de 50 communes! Pas de droit à l'erreur, Daniel avait tout méticuleusement calculé au kilomètre près. La moindre erreur de direction risquait de nous faire perdre un temps précieux. Heureusement à CHATEAUDIN un parking fut coopératif et la rue commerçante nous vit passer deux fois. A LA LOUPE un jeune homme facilita la traversée et guida Daniel par les artères de la ville.
A VILLESICLAIRE (36), nous stationnons pour le casse-croûte; "la place était déserte et dormait"(1) avant notre arrivée. La "place sans nom" devait être baptisée ce samedi 4 avril; comment s'appelle-t-elle aujourd'hui ? "Sur la place vibrante d'air chaud où pas même ne paraît un chien"(1), nous avons pu admirer une étonnante barrière faite de vieux vélos et bicyclettes.
Mais pourquoi cet article me direz-vous ? (et oui! encore un !)
Et bien parce que si Monsieur Peter Janssens va restaurer le voilier Jacques BREL et y mettre des millions (ce qui donnera du travail à des ouvriers par là même occasion), nous pourrions nous demander pourquoi et comment un chanteur devient aussi "mythique". Serait-ce douce folie? Serait-ce fétichisme? Je ne me permettrai pas d'en juger. Mais pourquoi pas... rêver...
Et c'est aussi l'occasion de revenir sur le sujet de dire "milles excuses" à ceux:
- qui, à TROYES et ailleurs, à GAUVILLE (61), au petit matin, ont été réveillés par le "poum poum" ou le "peuf peuf"
- aux automobilistes qui exaspérés ou pas, ont été bloqués derrière nous (avec un petit blâme à ceux qui ont doublés imprudemment! on vous a vus!)
et un coucou particulier
- aux deux agriculteurs de VILLEFARGEAU (89) qui, heureux de rencontrer en chair en os Daniel, nous ont aimablement indiqués un restaurant sur notre route. - VILLEFARGEAU où il y a une jolie dame en tenue d'Eve sur une fontaine - Mais parlons d'autres choses(1)... - au tenancier du petit restaurant à POURRAIN, le long de la D965, "le resto de la chapelle" en les remerciant pour leur diligence qui nous a permis de nous restaurer en une demi-heure et donc de tenir nos délais.
- à la Puisaye toujours verte, pays de COLETTE, que j'ai re-traversé avec plaisir, et où j'ai découvert une bien jolie petite ville, TOUCY (89), pays de Pierre LAROUSSE, où se déroulait une foire agricole et où stationnait sur le trottoir un énorme tracteur CASE (entreprise qui a succèdé à la S.F.V.) et sous le nez duquel le petit tracteur vert est passé en toute liberté, lui.
- aux gendarmes qui nous "arrêtés" aux alentours de LISIEUX parce que l'embouteillage devenait bien conséquent (mais oui, mais pourquoi ne doublaient-ils pas ? mystère....)
Et puis, parce que, si M. JANSSENS le fait pour son plaisir et celui de ses amis, nous, Daniel, Rémy, Mireille, Jean et Alain, et les autres (ceux qui nous en rejoints sur le chemin, Christian et Peter, et j'en oublie), nous l'avons fait pour le fun, pour VIERZON, pour BREL, pour VESOUL, pour HONFLEUR, mais surtout pour l'amitié partagée, avec pour seuls moyens, les nôtres, "sans nulle autre richesse que d'y croire toujours"(1)
"Et lorsque l'on n'a plus de sous
"Pour se faire tourner la tête
"Sur les manèges aux chevaux roux
"Au son d'une musique bête
"On rentre chez soi lentement
"Et tout en regardant les cieux
"On se demande simplement
"Sil n'existe rien de mieux" (1) (La Foire - Jacques BREL - 1953 -)
(1) phrases extraites des chansons de Jacques BREL
Photos persos - certaines prises "au vol"
...
Très Chère River , Je suis vraiment touché par ce très beau texte , par ces sincères pensées .Comment , moi , Daniel , un humble défenseur de notre patrimoine et de notre Jacques , aurais-je pu analyser avec la manière et la compétence que Toi tu as su le faire ??? Merci de te connaître , Merci de m'avoir aidé comme tu as su le faire , mon coeur te dit merci ... Je ne mérite pas tout ça sans toi ! ........... Merci , sincèrement , merci ! Daniel
Sans doute, ne te souviens-tu plus de moi... ça me semble si loin d'entendre ta voix... Pour de si belles aventures, tu es parti et tu sembles avoir été conquis par cette aventure. J'en suis heureuse pour toi. Je te souhaite bon vent pour toutes tes escapades. Et peut-être à bientôt. Bisous de terres de Champagne.