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Israël : qui craint le plus dieu fait craindre les femmes |
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| 27-12-2011 21:08 - 1194 visites - Flux International - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Les Israéliens, et surtout les Israéliennes, dans leur
plus large ensemble, savent à quoi s’en tenir sur les droits des femmes en
Israël, en son ensemble. Mais les harédim, ou haredi (les « craignant dieu »),
une sorte de secte religieuse virulente, se sont mis en tête de leur inculquer
leur propre vision, « à l’iranienne » ou « à l’islamiste »
de ce qui « conviendrait » aux femmes. Majoritairement, cela ne passe
pas. Jusqu’à quand ?
Ou que des affiches incitent les femmes à ne monter qu’à l’arrière des bus, à se vêtir « comme il convient », &c. Mais cela fait plus de deux décennies que la société israélienne creuse et élargit les différences entre les hommes et les femmes (en termes de représentation, de pouvoir d’achat, de pouvoir décisionnaire). La petite Na’ama n’était pourtant vêtue « immodestement », pas davantage que sa mère, Hadassa, qui porte fichu et robe longue. Mais c’est encore trop pour le harédim que d’avoir l’air un tant soi peu différent d’eux. Comme ils sont confortés par le parti religieux Shas, qui participe au pouvoir, leurs agissements sont restés longtemps tabou. Là, ce mardi, Haaretz rapporte que des milliers de manifestantes et manifestants ont envahi la ville pour protester. Des policiers se sont fait traiter de « nazis » par les ultrareligieux alors qu’ils tentaient d’enlever des poteaux indicateurs incriminés, des journalistes ont été agressés, et des heurts divers se sont produits. Dissensions La manière dont sont exploités ces événements, y compris en Israël, ont révélé qu’il existait des dissensions, y compris parmi les groupes très religieux, certains considérant désormais les plus radicaux comme des extrémistes se comportant tels des chemises brunes ou noires des périodes hitlérienne ou mussolinienne. Mais ces groupes jouent sur deux tableaux : les « modérés » veulent des fonds, des facilités, une meilleure représentation, pour se développer, accroitre encore leur influence, et « empêcher une guerre civile », rien de moins. Soit encore plus de Halakha, de tradition religieuse pour toutes et tous, pour contrer la radicalisation des plus radicaux des harédim. Israël est sans doute l’un des pays où, hors des enclaves peuplées majoritairement de harédim, les femmes jouissent de la plus grande liberté, et bien sûr, il fait de ce point de vue figure d’enclave par rapport à ses voisins « arabes », musulmans ou mixtes, comme l’Égypte. Mais l’emprise religieuse risque de transformer ce pays à la manière de la Russie tsariste ou les « vieux-croyants » s’opposaient vivement à l’église orthodoxe officielle. Le raskol ou schisme entraîna des persécutions, des exécutions et des spoliations, sous le régime impérial, puis soviétique. Si l’Israël d’antan fut jamais autre chose qu’un assemblage de peuples et de sectes, ce sont bien les dissensions qui ont mis fin à son existence et décuplé l’émigration. L’histoire est parfois lente à se répéter, mais si seules des raisons géopolitiques devaient faire tenir encore ce pays, le risque se profile de voir les plus israélites faire fuir les plus israéliennes et israéliens. La foi ou les croyances ne sont jamais mieux un ciment des peuples que lorsqu’une dictature en impose le liant… De séculière, la société israélienne s’est progressivement laissée gagner par la religiosité, dont la représentation des femmes et leurs libertés d’expressions et d’actions est très souvent l’une des pierres de touche. Il appartient aux Israéliens, aux hommes majoritairement au pouvoir ou aux commandes, de s’en imprégner de nouveau.
Commentaires (3)
Laury a dit:Sprikritik a dit:
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10 juin
Tout n’est certainement pas parti, hier lundi, de rixes
entre policiers israéliens et harédim manifestant en nombre à Beit Shemesh,
ville de 87 000 habitants qui constitue leur fief. Ni du passage à la
télévision, vendredi dernier, d’une fillette américano-israélienne de 8 ans, Na’ama
Margolese, se plaignant de se faire violemment et explicitement insultée (« pute »,
« traînée) et couvrir de crachats en se rendant à l’école des filles d’Orot,
toujours à Beit Shemesh. Voilà près d’une décennie que les harédim, non
contents de s’en prendre aux arabes ou musulmans, veulent étendre à tout Israël
leur interprétation de la Halakha, la loi « traditionnelle » de
certains israélites.