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Internet large bande : la Commission européenne saisie |
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| 22-10-2012 06:31 - 1325 visites - Economie, finance - Ecrit par Jef Tombeur | |
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Cela risque de passer quasi inaperçu hors Royaume-Uni, mais le recours intenté par British Telecoms et Virgin Media contre la ville de Birmingham à propos d'un réseau public d'accès Internet à très fort débit risque de mettre à mal diverses politiques publiques d'équipements et de services gérés par des collectivités. Tous les fournisseurs d'accès Internet britanniques étaient d'accord. Le plan gouvernemental d'amélioration de l'accès à l'Internet large bande et forts débits était une très brillante idée. Injecter 150 millions de livres d'argent public pour renforcer la capacité des réseaux urbains et les étendre à des zones rurales en consacrant 530 M£ constituait une très belle initiative. À l'adage « nationaliser les pertes, privatiser les profits » s'en ajoute un autre. Soit celui de faire financer les infrastructures par l'argent public pour en récupérer ultérieurement la gestion et les profits. Cela s'illustre de diverses manières comme l'a montré le tunnel sous la Manche, très largement financé par de petits actionnaires qui ont vu leur placement s'effondrer et les banques rafler ensuite les dividendes. Pour l'Internet haut débit, c'est un peu comme pour les autoroutes et les routes. Une fois le besoin créé, les liaisons les plus juteuses sont privatisées, les moins rentables laissées à la charge des collectivités. Les fournisseurs d'accès Internet britanniques ont été très favorables à ce que le gouvernement entreprenne de desservir des localités éloignées ou difficiles à desservir sans lourds investissements, sans doute en vue de récupérer réseaux et abonnés par la suite. Mais dans le cas de Birmingham, rien ne va plus. La rentabilité future est d'ores et déjà pratiquement assurée, et une régie publique constituerait rapidement une concurrence intolérable pour les opérateurs privés. C'est pourquoi BT et Virgin, après avoir applaudi l'UBF (Urban Broadband Fund), et laissé entendre que la Commission européenne pourrait l'approuver, se rebiffent à présent. Elle ont saisi l'instance européenne, au grand dam de la municipalité de Birmingham qui avait déjà lourdement investi sans que ces deux compagnies, dans un premier temps, y voient à redire.
Virgin Media a fait savoir que le fonds d'équipement était fort bienvenu « pour desservir des zones actuellement non desservis par des réseaux à fibre optique ». Mais pour Birmingham, l'extension serait « un gaspillage d'argent public » et la Commission a été désinformée. En clair, laissez-nous, opérateurs privés, l'exclusivité de ce juteux marché. Toute l'action de la Commission la plus visible et fortement perçue par les citoyens européens a consisté à faire respecter la libre concurrence, notamment entre opérateurs publics et privés au bénéfice de ces derniers. Cela découle aussi de la responsabilité des États et des collectivités territoriales qui n'ont guère vanté les apports de l'Union européenne à des investissements structurels, préférant mettre en avant leurs propres initiatives ou contributions.
Virgin Media venait d'annoncer un renforcement de l'implantation de son centre de formation à Birmingham. Virgin et BT disposent déjà de réseaux offrant des débits de 100 mbits/s mais le futur réseau municipal projeté serait encore plus véloce. Divers opérateurs sont aussi mécontents des dispositions prises pour desservir les zones éloignées car elles doivent à chaque fois négocier avec les collectivités territoriales une par une. Lesquelles ont très souvent pris BT pour partenaire, et ils estiment donc que leur rival a été suravantagé.
En fait, les opérateurs privilégient l'accès indirect à la fibre optique (reliant les liaisons ADSL à des concentrateurs, technologie moins coûteuse) tandis que les plans d'investissement des collectivités visent davantage à instaurer une connexion directe. Pour ne pas fâcher les opérateurs, de nombreux gouvernements ont préféré revoir leurs investissements à la baisse, laissant du temps au secteur privé pour mieux assurer leurs profits. En Europe, seulement 8,7 % des foyers bénéficient d'un accès direct à la fibre optique mais le Royaume Uni, avec 0,05 % se situe tout en queue de peloton. Pour la municipalité de Birmingham, le recours des deux compagnies constituera « un test » pour la Commission et la construction européenne.
by TokyWoky Commentaires de cet article sur C4N : (2)
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