17 May 2008
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Cargill est un acteur clé dans la crise alimentaire mondiale

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par danyquirion@videotron.ca - 16 hitsflux RSS de ce reporter Flux RSS de ce reporter flux RSS de ce theme Flux RSS de International

Alors que des millions de personnes dans le monde sont confrontées à une sévère famine, la poignée des entreprises de l’agro-industrie qui dominent le marché mondial des produits agricoles réalise d'énormes profits. L'un des principaux acteurs du marché alimentaire mondial, Cargill, est analysé dans un nouveau rapport publié aujourd'hui par le groupe national Food and Water Watch [NDT : Groupe de surveillance de l’alimentation et de l’eau]. Le rapport intitulé « Cargill: Une menace corporative pour l'alimentation et l'agriculture, » expose en détail la grande influence de Cargill sur le commerce international et dévoile aussi comment cette entreprise représente une menace pour les consommateurs, les fermes familiales, les travailleurs, l'environnement et même pour des économies entières à travers le monde. CONTACT : Food and Water Watch Patty Lovera ou Erin Greenfild Tél.: (202) 683-2457
Un nouveau rapport du groupe « Food & Water Watch » dévoile les impacts dommageables causés par ce géant de l'agro-industrie
Cargill est un acteur clé dans la crise alimentaire mondiale
« Cargill réalise d'énormes profits à partir du système commercial international qui est à l'origine de toute cette instabilité alimentaire à travers le monde. On retrouve cette entreprise géante derrière presque tous les aspects du système agricole mondial et ce, sans obligation de rendre des comptes à l'égard de la santé des consommateurs, de l'environnement ou des droits de l'homme, » a déclaré Wenonah Hauter, la directrice exécutive de Food & Water Watch

Le nom Cargill est pratiquement inconnu des consommateurs même si leurs produits apparaissent sur les tablettes des épiceries et dans les menus des chaînes de fast-food partout à travers le monde. Selon ce rapport, Cargill a pris le contrôle à grande échelle partout dans le monde des processus agricoles, de l'entreposage, le transport et la mise en marché, exploitant de nombreux secteurs d'activités et de nombreuses succursales. Cargill produit et vend les produits dérivés du poulet et des oeufs aux restaurants McDonald du Royaume-Uni et de l'Europe occidentale, de même qu'aux chaînes de restaurants Pizza Hut, Burger King et les cafétérias des écoles des États-Unis.

Les succursales de viande et de volaille de Cargill ne sont qu'une fraction des produits qu'ils contrôlent. L'entreprise oeuvre dans les oléagineux, le blé, le maïs, les biocarburants, les huiles, les graisses animales et végétales, le sel, les produits de santé et les produits pharmaceutiques, les aliments destinés aux animaux de même que dans les engrais qui ont contribué à dégrader l'environnement tant aux États-Unis qu'à l'étranger.

Le rapport expose les nombreuses menaces que les opérations de Cargill représentent pour l'air, l'eau et les forêts tropicales. Cargill est responsable du déversement de produits chimiques toxiques dans la baie de San Francisco, de même que pour avoir libéré des composés dangereux dans l'air et pour avoir fait de la déforestation dans la forêt tropicale en Amérique du Sud, afin d'augmenter sa production de soja et d'huile de palme.

Les controverses qui entourent cette entreprise ne se limitent pas uniquement au commerce mondial et aux impacts sur l'environnement. Cargill est également associée aux technologies alimentaires douteuses telles que l'irradiation, les aliments génétiquement modifiés et l'utilisation de monoxyde de carbone visant à améliorer artificiellement la couleur de la viande longtemps après sa date d'expiration.

Le rapport recommande des mesures devant être adoptées par le Congrès et les organismes de réglementation afin d'encadrer ce géant de l'agro-industrie, ainsi que pour dire aux consommateurs de rejeter le modèle industriel de production de viande de Cargill.

Pour consulter le rapport « Cargill: Une menace corporative pour l'alimentation et l'agriculture, » consultez le site (anglais):
http://www.foodandwaterwatch.org/food/pubs/reports/cargill

Traduit par Dany Quirion pour Alter Info

Source : http://www.foodandwaterwatch.org/press/releases/cargill-key-player-in-global-food-crisis-article05122008
NDT :
Voici quelques informations sur la société Cargill.

L'entreprise compte 158,000 employés répartis dans 66 pays. Son siège social est situé dans la ville de Minneapolis dans l'État du Minnesota aux États-Unis. Selon la revue Forbes, cette entreprise est la deuxième plus grande entreprise privée des États-Unis. Elle n'est donc pas cotée en bourse et 85% des actions sont toujours détenues par les descendants des deux familles fondatrices de la société soit, les Cargill et les MacMillan.

En 2007, son chiffre d'affaire était d'environ 88 milliards de dollars pour un bénéfice net de 2,37 milliards de dollars.

Cargill est connue pour les bas salaires qu'elle verse à ses employés qui sont exposés à de dangereux pesticides. Par ailleurs, une plainte a formellement été déposée en 2005 devant la Cour du district fédéral à Los Angeles contre trois sociétés soit, Cargill, Nestle et Archer Daniel Midland concernant le trafic d'enfants du Mali pour des fins de travaux forcés en Côte d'Ivoire. (Référence sur cette poursuite : http://www.organicconsumers.org/fair-trade/cocoa072005.cfm )

Voici la liste des 66 pays

EN ASIE
• L'Australie
• La Chine
• L'Inde
• L'Indonésie
• Le Japon
• La Malaisie
• Le Pakistan
• Les Philippines
• La Corée du Sud
• Le Singapour
• L'île de Taïwan
• La Thaïlande
• Le Vietnam

EN AFRIQUE
• La Côte d'Ivoire
• Le Ghana
• Le Kenya
• Le Malawi
• Le Maroc
• Le Nigéria
• L'Afrique du Sud
• La Tanzanie
• Le Zimbabwe

EN AMÉRIQUE LATINE
• L'Argentine
• La Bolivie
• Le Brésil
• Le Chili
• La Colombie
• Le Costa Rica
• La République Dominicaine
• Le Guatemala
• Le Honduras
• Le Nicaragua
• Le Paraguay
• Le Pérou
• L'Uruguay
• Le Venezuela

EN EUROPE
• L'Autriche
• La Belgique
• Le Danemark
• La Finlande
• La France
• L'Allemagne
• La Grèce
• La Hongrie
• L'Irlande
• L'Italie
• Les Pays-Bas
• La Pologne
• Le Portugal
• La Roumanie
• La Russie
• L'Espagne
• La Suède
• La Suisse
• La Turquie
• L'Ukraine
• Le Royaume-Uni

AU MOYEN-ORIENT
• L'Égypte
• Les Émirats Arabes Unis

EN AMÉRIQUE DU NORD
• Le Canada
• Le Mexique
• Les États-Unis d'Amérique

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17 May 2008
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Les États-Unis et Israël donnent le signal d'une guerre contre l'Iran

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par danyquirion@videotron.ca - 16 hitsflux RSS de ce reporter Flux RSS de ce reporter flux RSS de ce theme Flux RSS de International

Washington et Tel-Aviv souhaitent poser des « actions tangibles » pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, selon les propos d’un porte-parole israélien.
Les États-Unis et Israël donnent le signal d'une guerre contre l'Iran
Press TV (Iran)
Vendredi le 16 mai 2008

Mark Regev, le porte-parole du premier ministre israélien Ehud Olmert, a déclaré vendredi que les efforts diplomatiques visant à faire pression sur l'Iran pour qu'il renonce à enrichir de l'uranium ont été jusqu'ici insuffisants.

« Il est clair que des mesures additionnelles devront être prises, » a-t-il ajouté.

« Nous sommes sur la même longueur d'onde. Nous voyons tous les deux la menace... Et nous comprenons tous les deux que des actions tangibles sont nécessaires pour empêcher les iraniens d'aller de l'avant avec une arme nucléaire, » a déclaré le porte-parole israélien.

Regev a alors déclaré que « les dirigeants de nombreux pays ont discuté des perspectives du recours à la force militaire contre l'Iran et il a affirmé qu'Israël est d'accord avec « les options sur la table, » faisant ici allusion à une guerre contre le pays du Moyen-Orient.

Prenant la parole jeudi devant la Knesset israélienne, le président des États-Unis George W. Bush a menacé qu'il s'agirait d'une « trahison impardonnable pour les générations futures » de permettre à l'Iran de poursuivre ses « ambitions d'armes nucléaires. »

Bien que Bush continue de faire pression en faveur d'un acte d'agression contre la République islamique, une évaluation conjointe de 16 agences de renseignement des États-Unis rendue publique le 3 décembre dernier, a reconnu que Téhéran n'est pas en train de développer un programme d'armement nucléaire.

Les experts disent que la rhétorique « va-t-en-guerre » du président des États-Unis est la démonstration de son flagrant mépris face à des preuves concrètes et aux avis des experts.

« J'ai déjà dit que l'Iran est dangereux, et le rapport NIE [NDT : le rapport des 16 agences de renseignement] ne fait rien pour changer mon opinion sur le danger que l'Iran fait peser sur le monde, bien au contraire, » a déclaré Bush en réponse à la divulgation de ce rapport de la US National Intelligence Estimate.

Traduit par Dany Quirion pour Alter Info

Source : http://www.presstv.ir/detail.aspx?id=56008&sectionid=351020104

NDT :
- Press TV est une chaîne télévisée iranienne d'information internationale en langue anglaise.

- Sur la photo, le premier ministre israélien Ehud Olmert et le président des États-Unis George W. Bush.

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17 May 2008
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ARTHUR KOESTLER ET LES KHAZARS

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par Gabriel Enkiri - 18 hitsflux RSS de ce reporter Flux RSS de ce reporter flux RSS de ce theme Flux RSS de International

 ARTHUR KOESTLER ET LES KHAZARS
Arthur Koestler, "juif" hongrois, né en 1905, mort à Londres en 1983, fut l'un des plus grands esprits du siècle dernier. Il a traversé le siècle en le prenant à bras le corps. Communiste, il appartint au PC allemand, participa à la guerre d'Espagne, fut prisonnier des franquistes, s'engagea dans la Légion étrangère. Quitta le "communisme" pour rejoindre le "sionisme", tout en conservant sa liberté d'esprit (critique). Il a publié des livres qui ont fait date ("le zéro et l'infini", le "yogi et le commissaire" etc.). Ayant rejoint Israël avec sa femme dans les années 50, il fut frappé par la diversité des "juifs" regroupés dans ce pays. Biologiste, il se passionnait pour la recherche génétique. Et c'est sans doute ce qui le mit en contact avec des chercheurs, y compris israéliens. Un beau jour, il quitta Israël, rejoignit l'Angleterre où il obtint la nationalité britannique. Son départ fut considéré comme une "trahison". Lorsqu'il publia la "13e tribu", ce fut le silence, ou la moquerie.

Alerté par un article de Claude Bourdet publié par Le Matin, au lendemain de la mort de Koestler (atteint d'une grave maladie, il s'est suicidé avec sa femme), qui signalait aux lecteurs du journal l'existence de ce livre quasiment censuré, je me suis précipité pour l'acheter. Il existe en livre de poche-Hachette N°5158, paru en 1976. On me dit qu'il est quasiment introuvable. L'ouvrage fut d'abord publié chez Calmann-Lévy (un éditeur "antisémite" probablement !).

Que nous apprend Arthur Koestler ? Citons-le brièvement, en vous conseillant de commander son ouvrage en livre de poche chez votre libraire...

"A l'époque où Charlemagne se fit couronner empereur d'Occident, l'extrémité orientale de l'Europe entre le Caucase et la Volga était dominée par un État juif, connu sous le nom d'empire khazar. A son apogée, du 7e au 10e siècle, cet État joua un rôle assez important pour contribuer à façonner la destinée de l'Europe médiévale - et moderne par conséquent... Le pays des Khazars, peuple d'ethnie turque, occupait une position stratégique entre la Caspienne et la Mer Noire sur les grandes voies de passage où se confrontaient les puissances orientales de l'époque...

"... Sans doute vers l'an 740, le roi (Bulan), sa cour et la classe militaire dirigeante se convertirent au judaïsme, qui devint la religion officielle des Khazars... E, tout cas, si les sources diffèrent sur quelques points de détail, les grands faits sont indiscutables.
"Ce qu'on peut discuter, en revanche, c'est le sort des Khazars juifs après la destruction de leur royaume, au 12e ou 13e siècle. A ce sujet, les sources sont très maigres. Elles mentionnent cependant plusieurs établissements khazars à la fin du Moyen Age en Crimée, en Ukraine, en Hongrie, en Pologne et en Lituanie. De renseignements fragmentaires ressort un tableau d'ensemble : celui d'une migration de tribus et de groupes khazars dans les contrées d'Europe orientale - Russie et Pologne surtout - où précisément on allait trouver à l'aube des temps modernes les plus fortes concentrations de Juifs. D'où l'hypothèse formulée par plusieurs historiens, selon laquelle une bonne partie sinon la majorité des Juifs d'Europe orientale - et par conséquent des Juifs du monde entier - seraient d'origine khazare, et non pas sémitique.

"Les conséquences d'une telle hypothèse iraient très loin, et ceci explique peut-être les précautions que prennent les historiens en abordant le sujet - quand ils ne l'évitent pas carrément. L'un des avocats les plus radicaux de l'origine khazare des Juifs, A.N. Poliak, professeur d'histoire juive du Moyen Age à l'université de Tel Aviv, demande dans l'introduction de son livre intitulé Khazaria, publié en hébreu en 1944, puis en 1951 "que l'on aborde dans un esprit nouveau aussi bien le problème des relations entre la juiverie khazare et les autres communautés juives que la question de savoir dans quelle mesure on peut regarder cette juiverie (khazare) comme le noyau des grands établissements juifs en Europe... Les descendants de ces établissements, ceux qui sont restés sur place, ceux qui ont émigré aux États-Unis et dans d'autres pays, et ceux qui sont allés en Israël, constituent aujourd'hui la grande majorité des Juifs du monde entier"...

"Cela voudrait dire que les ancêtres de ces Juifs ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase, où l'on a vu le berceau de la race aryenne; génétiquement ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouïgours, aux Magyars, plutôt qu'à la semence d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. S'il en était bien ainsi, le mot "antisémitisme" n'aurait aucun sens : il témoignerait d'un malentendu également partagé par les bourreaux et par les victimes. A mesure qu'elle émerge lentement du passé, l'aventure de l'empire khazar commence à ressembler à une farce, la plus cruelle que l'Histoire ait perpétrée."

Sans doute Arthur Koestler qui était d'origine magyar se sentait-il lui-même un peu khazar ! Je ne pense pas qu'il serait horrifié à l'idée d'effectuer des recherches sur l'origine des populations "juives" à l'aide de l'ADN... Bien au contraire : c'était un esprit scientifique.

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17 May 2008
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Norman PODHORETZ : Interview du chef des néoconservateurs

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par drzz - 47 hitsflux RSS de ce reporter Flux RSS de ce reporter flux RSS de ce theme Flux RSS de International

Un des deux pères fondateurs du néoconservatisme,  Norman Podhoretz a été l'un des cerveaux derrière le Project for a New American Century (PNAC), document crucial de la politique étrangère américaine pour le XXIème siècle /
Ancien rédacteur en chef et actuellement éditorialiste de la première revue intellectuelle des Etats-Unis, Commentary et auteur de nombreux ouvrages, dont le dernier s'intitule"World War IV" (Doubleday, 2007) 


Em 2004, Norman Podhoretz a été décoré par le Président George W. Bush de la "Médaille de la Liberté", la plus prestigieuse distinction octroyée par le gouvernement américain à un civil

  


17 May 2008
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Agonie amorcée du franc CFA et perspectives de création d'une union monétaire africaine

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par noreply@blogspirit.com (AFRICA Watch) - 53 hitsflux RSS de ce reporter Flux RSS de ce reporter flux RSS de ce theme Flux RSS de International

par Stella Ayoko Dosseh

Loin de moi l'idée de vous proposer un énième article geignard qui pose les pour et les contre du franc CFA, ou le peut-être d'une union économique et monétaire en Afrique... L'heure n'est plus au débat, le débat a déjà eu lieu ici et là, parmi nos dirigeants politiques, sur de nombreux forums, dans la presse internationale, régionale, nationale, au sein de la diaspora. Ce qui en est ressorti est une évidence, très clairement mise en lumière par Nicolas AGBOHOU dans un ouvrage intitulé « Le Franc CFA et l'Euro contre l'Afrique » : le franc CFA est une anomalie, une absurdité.


Cette dénonciation est déjà une révolution en soi, tant l'idée même a pris du temps pour faire son chemin parmi nos penseurs. Je renvoie ceux qui douteraient encore de l'évidence d'un changement à consulter ces vidéos ( liens en bas de page) , instructives, bien que courtes. Posons donc les évidences, afin de comprendre les options économiques et politiques dont nous disposons :

Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique repose sur 4 éléments importants, à l'origine même de sa remise en cause.

- la libre convertibilité du franc CFA au travers du marché des changes de Paris. Un avantage concédé par le Trésor français au prix, durement payé, des comptes d'opérations (cf centralisation des changes).

- La fixité des parités, lien fixe entre le CFA et l'Euro. Elle se voulait gage de stabilité des prix pour la zone, mais avec le renforcement de l'Euro, cette fixité provoque une surévaluation du Franc CFA par rapport aux autres monnaies du Sud. La zone franc se voit ainsi coupée des marchés du Sud, condamnée à exporter des matières premières vers le Nord.

Cette fixité est aussi à l'origine d'une dégradation des termes de l'échange car notamment la hausse de l'Euro rend les produits de la zone Franc moins compétitifs par rapport à d'autres pays du Sud. De plus la stabilité du taux de change se traduit par l'obligation d'adopter une certaine discipline monétaire et financière, avec des règles de gestion macroéconomique imposées par le FMI et la Banque mondiale. Enfin, l'Union Européenne est libre de modifier selon ses intérêts la parité entre franc CFA et Euro

- La libre « transférabilité » des fonds investis par les investisseurs étrangers qu'ils peuvent rapatrier librement. D'une part les IDE s'avèrent finalement peu importants au regard d'autres régions ce qui ne justifie plus l'existence de ce principe. D'autre part, ce gage de sécurité pour les IDE induit un rapatriement régulier des bénéfices tirés de ces IDE vers leur région d'origine et donc une fuite des capitaux.


- La centralisation des changes, qui permet à nos banques centrales d'obtenir de la France la garantie des trois principes précédemment cités. Cette garantie de la France oblige les pays de la zone franc à déposer auprès du Trésor Public français, entre 50 et 65% des réserves extérieurs des pays de la zone franc au travers des comptes d'opérations. Rappelons que les réserves obligatoires d'une banque centrale ont pour origine les dépôts obligatoires que les banques et établissement financiers d'un pays doivent effectuer auprès de leur banque centrale. A ces réserves, nos banques centrales appliquent des taux appelés les taux directeurs.

Tout se passe comme si nos banques de détail étaient clientes de la banque centrale. Ce taux qu'elles paient si leur compte est débiteur, se voit tout naturellement transféré à leur clientèle, avec une différence marginale, bien entendu, qui permet aux banques de détails de fonctionner. Ainsi le taux appliqué aux réserves de nos banques centrales se voit transféré aux réserves de nos banques de détails au sein de nos banques centrales, est par là même transféré au consommateur final, qui n'est autre que l'africain lambda.

Le taux appliqué à la BCEAO et à la BEAC est ainsi imposé aux banques commerciales des pays de la zone franc. Or l'UE, dans sa volonté de combattre l'inflation, tend à avoir un taux d'intérêt assez élevé [1], qui, par le biais des comptes d'opérations se transfert sur les PME et clients africains, et rend l'emprunt très cher. En réalité les pays de la zone franc démissionnent dans leur rôle de gestion d'une politique économique et monétaire. C'est en effet la France qui intervient au nom des pays africains sur le marché international de devises pour défendre sa monnaie. Cet abandon de la souveraineté monétaire tue dans l'?uf tue tout espoir de constitution d'une épargne locale.

La reprise en main de la souveraineté monétaire est une question cruciale pour les pays membres de la zone « franc », mais également pour les autres pays de la région. Car au-delà de son rôle d'intermédiaire des échanges, la monnaie est également un étalon de valeur. Elle sert à fixer les prix des biens et services et serait, si elle était commune, un véritable levier de l'intégration commerciale régionale. La monnaie est enfin une réserve de valeur, sa stabilité permet à tous les acteurs de l'économie de constituer et de construire une épargne, clé du développement. La monnaie aide nos économies à fonctionner, simplifie le commerce et les transactions, nous permet d'épargner. C'est notamment fort de ce constat qu'on peut développer une approche progressive vers une union monétaire africaine. Elle passerait par plusieurs étapes :

A court terme

- La création d'une nouvelle banque centrale, avec un conseil d'administration propre et un gouverneur indépendant. Car les deux banques centrales qui régissent le franc CFA sont d'une part inféodées par le joug politique et d'autre part reposent sur des accords particuliers signés entre elles et la France. Cette nouvelle banque centrale aura donc une politique monétaire claire. L'indépendance de la banque centrale des Etats de la zone franc est nécessaire pour s'affranchir des injonctions politiques.

- L'urgence réside dans la fin de l'arrimage à l'euro. L'option de conserver temporairement un CFA au cours flottant fait son chemin. Il faudra néanmoins gérer cette monnaie, d'où un leadership fort capable de mettre en ?uvre ce beau chantier avec une vision à long terme.

- L'arrimage à un panier de monnaies comprenant l'euro, le dollar, les monnaies indiennes et chinoises est une véritable alternative à la tentation du peg euro ou du peg dollar .

A moyen/long terme, une libération et intégration monétaire

- La libération monétaire est déjà en cours de préparation depuis l'an 2000. Elle se traduit par la création d'une union monétaire ( la monnaie commune serait l'Eco) entre les pays de la Cedeao hors zone franc que sont le Nigéria, le Ghana, la Guinée, la Sierra Léone, la Gambie et le Libéria. En Octobre 2007, un rapport [2] commandé par la CEDEAO préconisait trois approches : l'approche de masse critique, le big bang ou le gradualiste. C'est l'approche de masse critique qui a été choisie. En outre, les pays qui auront pour monnaie l'Eco, vraisemblablement fin 2009, doivent respecter un certain nombre de critères de convergence portant notamment sur le taux d'inflation, le déficit budgétaire, le PIB... Un accord doit également être signé, sur le pacte de stabilité et de croissance, et l'harmonisation après le démarrage de cette nouvelle union.

Ces étapes ne manqueront pas de rappeler la création de l' « Ecu », au sein du système monétaire européen en 1979, et la mise en place d'un certains nombre de « critères de convergence » et d'un « pacte de stabilité et de croissance » avant l'avènement de l'Euro... Un parallélisme qui peut faire rire ou pleurer, selon le cas, car il rappelle une fois de plus que même dans notre façon de penser nos économies, nous sommes indéniablement influencés par ce qui se fait en Occident. Ces critères sont néanmoins la base de fondamentaux d'une gestion macroéconomique cohérente. Un certain retard a été pris dans le respect des critères de convergence, en raison de chocs internes et externes qui ont forcé les pays à repousser deux fois déjà le lancement de l'Eco [3].

- Parallèlement, la mise en place d'institutions crédibles du même type que la Banque Centrale des Etats de la zone franc est retenue.

Ce qui est impératif, c'est de garantir l'indépendance de la banque centrale, afin que cette dernière puisse prendre ses décisions sur la base d'une orthodoxie financière imparable, avec pour objectif de défendre la monnaie sur la place internationale, d'assurer la stabilité monétaire et financière, d'organiser la crédibilité de la monnaie, dotée de privilèges étendus. Les pouvoirs politiques vont donc devoir céder une de ces fonctions régaliennes, à savoir battre la monnaie. Une fonction dont les pays de la zone franc se sont, eux, malheureusement déjà affranchis au profit de la France.

L'union monétaire avec la zone franc CFA. Elle passe par l'abandon du franc CFA et la création d'une monnaie unique à tous les pays de la CEDEAO. Elle favorisera les échanges intra-régionaux et permettra également au pays de défendre avec plus de force leur monnaie. Mais elle ne se fera pas sans adversaire, la fin du franc CFA représentant pour la France une perte de devises importantes par le biais des comptes d'opérations notamment. Or comme dit précédemment, ce sont bien des chocs internes et externes qui empêchent les pays de la CEDEAO de respecter les critères de convergence.

Nous sommes entrés dans une période transitoire historique qui annonce la mort du franc CFA. Dotée d'une confiance retrouvée, la région pourra se servir de la monnaie comme d'un formidable effet de levier, elle exercera enfin sa capacité de négociation de manière collective - et non comme ce fut le cas pour les APE de façon unilatérale. Les pays de la CEDEAO se verront dans l'obligation d'adhérer à un certain consensus dans la réalisation de la croissance économique, car ils seront alors liés par une monnaie commune. Mais la monnaie doit se concevoir comme un instrument de la politique monétaire, et donc économique, elle est loin d'être un objectif en soi. Elle a certes un impact sur l'activité économique, mais crée surtout les conditions pour l'application de solutions économiques, elle-même ayant le devoir de servir le développement.

 

[1] Jeudi dernier, la Banque Centrale Européenne a une nouvelle fois fait preuve d'immobilisme patent, en laissant inchangé son taux d'intérêt directeur, alors que ces homologues britanniques et américains ont adoptés depuis plus d'un an un comportement baissier.

[2] Rapport de la Réunion du conseil régionale de convergence axée sur la création d'une union monétaire en Afrique de l'ouest

[3] Les pétromonarchies du Moyen Orient sont les seuls survivants du système de peg dollar qui a explosé dans le reste du Monde. En effet depuis les années 1980s, leurs monnaie nationale est lié par un lien fixe au dollar, se qu'on appelle plus communément l'indexation.

(ananzie.net)
  


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