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Haïti dévasté vu par la presse britannique… |
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| 17-01-2010 05:08 - 3487 visites - Flux International - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
La presse britannique dite « de qualité » a – à la notable exception du Financial Times, qui ne repiquait, sauf erreur, que des dépêches – diversement, parfois de manière opposée, relaté la situation d’Haïti supposée envahi par les sauveteurs, samedi 19 janvier 2009 au soir. Mais le ton général est donné par l’envoyé spécial de BBC News : « Quand vous promettez à un pays que vous allez l’aider, l’aide doit arriver (…) À l’école d’infirmières (…) la nuit est tombée, et les secours ont plié bagages. Pas d’éclairage, ont-ils dit (…) Donc, cette nuit, sous les débris, nous savons qu’il y a au moins une survivante, peut-être davantage. Et personne ne leur vient à l’aide… ». Toutefois, la distribution coordonnée de vivres aurait commencé dans la nuit de samedi à dimanche matin... C'est peut-être trop tard pour des blessés et des enfants malnutris, mais le dispositif est respecté… Une revue de presse exhaustive de la presse britannique n’est guère possible et trompeuse si on s’en tient aux unes : la communauté haïtienne, francophone en majorité, n’est guère nombreuse au Royaume-Uni. Bien sûr, les quatre titres les plus connus de la communauté internationale pour leur sérieux ont fait état d’un sauvetage d’une petite fille par des pompiers britanniques, Mia Charlotte, 2 ans, ensevelie à proximité des corps d’autres enfants. Mais si les suites des appels à la générosité ont été partout signalées, les titres ayant des envoyés spéciaux sur place sont tous très critiques.
Toute la journée, le Daily Telegraph faisait la part belle à son correspondant à Bruxelles, Christopher Booker, qui développait la thèse récurrente de l’incapacité de l’Union européenne à réagir en superpuissance. Et Christopher Booker de vanter l’efficacité de la logistique étasunienne face à la tiédeur timorée de la Commission détaillant de dérisoires efforts des pays membres. Évidemment, l’atmosphère d’une salle de presse à Bruxelles ne porte guère au lyrisme. Mais Christopher Booker a fait du zèle, tandis que d’autres envoyés spéciaux délaissent à l’occasion leurs missions de reportage pour venir aussi en aide aux victimes ou au moins se départir à leur faveur d’un « superflu » qui pourra s’avérer pour eux aussi nécessaire si on les maintient sur place…
Le contrepoint de l’angle « politique » adopté par le Telegraph est donné avec une égale virulence par The Independent. « Les États-Unis renient leurs promesses à Haïti – de nouveau… » titre Patrick Cockburn qui dresse un parallèle entre l’administration Obama-Clinton et celle de G.W. Bush face à l’ouragan Katrina dévastant la Louisiane et la Nouvelle-Orléans en 2005. Cockburn avait déjà couvert tant Haïti que la Nouvelle-Orléans tout aussi démunie et théâtre de pillages que Port-au-Prince. Le verbe to fail a plusieurs acceptions, mais c’est bien ce dont il est question : on promet d’aider et on envoie des troupes.
Si The Independent est considéré plus centre-droit que The Guardian, classé au centre-gauche, les envoyés spéciaux partagent les mêmes impressions et les expriment sur le même ton. Barrack Obama n’a plus la cote auprès de très nombreux Haïtiens qui ne voient rien venir, si ce ne sont des journalistes, à leur contact. Ed Pilkington, pour le Guardian, relève certes que la mort n’a pas fait de différence entre les riches et les pauvres, mais sans trop insister que certains survivants – ceux de l’hôtel Montana – sont restés un peu plus égaux que d’autres. Le journaliste du Times, Tony Allen-Hills, n’a pas cette retenue. C’est sans ambages qu’il dresse un parallèle entre ce qu’il constate un peu partout dans une « future Pompéi antillaise » et l’hôtel Montana, qui abritait des suites ministérielles, « où se réunissaient les ONG », dont le sort des dépouilles et des survivants a bénéficié d’une toute particulière attention. Des soldats équatoriens et philippins avaient dressé un cordon de sécurité pour faciliter la tâche « des secouristes d’une demi-douzaine de pays qui se relayaient pour sonder les ruines ». Évidemment, le Daily Mail n’a pu s’empêcher de faire un encadré sur la personnalité de l’ambassadeur britannique pour Haïti et la République dominicaine, Steven Fisher, donnant le nom de sa maîtresse hongroise, lui attribuant deux autres conquêtes diplomatiques (une Tchèque à Singapour, une Finnoise au Venezuela). Le Sun, qui n’avait pas trouvé à temps une fillette de deux ans déterrée par des sauveteurs britanniques s’est rattrapé avec un petit garçon du même âge délivré par des équipes belge et espagnole.
Fidèle à ses habitudes, le Sun donne la parole à un colonel de l’armée de l’air américaine qui, exaspéré, narre comment un avion charter a bloqué toute une journée un bout de piste parce que « le pilote expliquait que le président français lui avait dit de ne décoller que lorsque l’appareil serait plein de réfugiés… ». Si Nicolas Sarközy donne directement ses directives aux pilotes, il mérite bien son sobriquet d’ « omniprésident » Plus tard dans la nuit de samedi à dimanche, l’attention de la BBC s’est portée sur la localité de Leogane, une ville située à 18 km à l’ouest de la capitale, dont 90 % des immeubles, habitations et bâtiments seraient détruits et qui compterait déjà de 5 000 à 10 000 morts estimés.
De son côté, le Dayton Daily News (Ohio) a fait état de la mise en attente d’une équipe de 80 sauveteurs locaux qui devaient monter à bord de deux C-17 militaires « en raison d’un manque d’intendance à Haïti ». Les avions ont été déchargés et réaffectés à d’autres missions, un nouveau départ étant programmé plus tard, ce dimanche. Pour le Houston & Texas News, il en était de même pour
Le chef de la sécurité présidentielle a été dégagé du palais présidentiel haïtien par une équipe mexicaine, a annoncé le ministère mexicain des Affaires étrangères. Selon le porte-parole de
Au fait, ce dimanche, The Guardian publie la liste des engagements financiers ou des sommes recueillies. La France ne figure pas dans le tableau. Sans doute Bernard Kouchner attendra-t-il lundi ou mardi pour communiquer des chiffres ?
Dans un tout autre genre, pour prendre la mesure des enjeux et de ce qui pourrait se tramer, on peut prendre connaissance du point de vue de Brave Patrie , « le vrai journal des vraies valeurs de la France vraie ». Parfois, on peut se demander si on en est si loin...
Commentaires (4)
SOPHY a dit:
Veritas a dit:Leon a dit:
libertinus a dit:
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