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Expatriation : comment ne pas devenir une Femme Désespérée |
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| 12-09-2008 17:10 - 3776 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Marielle Eichwald - Lire son flux RSS | |
Vivre à l’étranger évoque une vie sans problèmes, dans l’aisance financière et la joie de vivre. Pourtant, l’expatriation n’est pas une partie de plaisir de tous les instants. Adaptation, intégration, perte des repaires, la première année est source de difficultés. De jeune cadre dynamique bien que mère de famille, je suis devenue à l’insu de mon plein gré une Desperate Housewife lors de ma vie d’expatriée. La vie d’une famille internationale est construite autour du projet professionnel de l’un des partenaires, alors que le conjoint doit s’ajuster à la nouvelle donne, tout en s'efforçant de maintenir la cohésion familiale. Un témoignage à lire par toutes celles qui vont partir ou sont déjà expatriées et aussi par le conjoint qui les a entraînées dans l’aventure. Lors de ma première expatriation, je ne connaissais ni Bree Van De Kamp, ni Lynette, Susan ou Gabrielle. J’étais alors une jeune femme dont la carrière progressait à un bon rythme, en charge d’une équipe de communication dans la Direction Internationale d’une grande entreprise. Je gérais des budgets conséquents, en contact avec des agences de communication qui se battaient pour les obtenir et je gérais ma vie professionnelle comme ma vie familiale, avec efficacité. Nous vivions dans un milieu urbain, avions des amis nombreux et plusieurs abonnements dans divers théâtres. Lorsque mon mari a été nommé à Bruxelles, ce n’était pas vraiment une surprise : nous savions qu’il aurait une carrière internationale et que celle-ci serait prioritaire par rapport à la mienne. Il partit le premier, je suis tombée enceinte d'un deuxième enfant (mon mari revenait tous les weekends!) et trois mois plus tard j’organisais mon pot de départ. Le lendemain, je partais avec ma fille vers la Belgique, pour vivre dans une vaste maison, dans une banlieue aisée, et je devenais, sans le savoir encore, une femme désespérée. Notre maison était située à Waterloo, qui pour être synonyme de victoire pour les Anglais, reste pour les Français un assez mauvais souvenir. Ma première expatriation serait-elle une déroute ? Grouchy, en effet, n’est pas arrivé à temps pour moi. J’étais seule, avec ma petite fille un peu perdue de ne plus se trouver avec sa nounou adorée, mais une mère dépassée, regardant avec désespoir les vaches qui paissaient dans le pré au fond de notre jardin. Je m’ennuyais, comme jamais je n’aurais cru possible de m’ennuyer. Ma mère, femme au foyer expérimentée, pouvait toujours me dire que je n’avais qu’à m’occuper de ma maison : je n’étais pas formée pour cela. Mon fils est né, j’ai trouvé un job d’attachée de presse à mi-temps, prenant une nounou à la maison pour s’occuper des enfants, et au bout de quelques mois, je me sentais mieux. Nous avons rencontré des amis, découvert la chaleur des Belges, et trouvé l’équilibre certes précaire, mais satisfaisant, d’une vie somme toute privilégiée. Ayant fait, comme on dit, mes preuves, j’obtins une promotion professionnelle. C’est alors que le sol s’ouvrit sous mes pieds : mon cher époux avait, pour sa part obtenu le poste de ses rêves, en Allemagne du Nord. Je pris une carte, traçai une ligne de Paris à Hambourg, via Bruxelles. Géographiquement parlant, notre prochain point de chute devait logiquement être Saint Petersburg avant le Pôle Nord. Quand on aime la chaleur et le soleil, la perspective était… désespérante. La mort dans l’âme, je donnai ma démission. En arrivant à Hambourg, je savais par expérience que la première année serait un sombre tunnel, la deuxième apporterait l’équilibre et la troisième serait celle du bonheur. Mais j’étais dans la première année. Je ne vis pas l’éclipse solaire en 1999, j’étais en train de vider mes cartons et je vivais une totale éclipse. De nouveau, j’étais seule, sans amis, et sans activité professionnelle. J’ai essayé de toutes mes forces de devenir une femme et mère au foyer parfaite, comme Bree, mais j’étais aussi maladroite que Susan. Dès la première semaine, j’étais tellement anxieuse que j’ai eu un accident de voiture qui a envoyé la voiture de fonction de mon mari à la casse. Les collègues de celui-ci ont accueilli la nouvelle avec ironie : je n’étais pas la première et chacun avait une histoire similaire à raconter. C’est dire si, depuis que la série Desperate Housewife existe, je retrouve les angoisses par lesquelles je suis passée au bord de l’Elbe. Je pensais que, si n’importe quelle femme était capable de s’occuper de ses enfants et de sa maison, je devrais bien y arriver. Nous parlions français à la maison, allemand dans la vie quotidienne extérieure et anglais à l’école internationale des enfants. Je devais me battre avec les procédures administratives allemandes dans la langue de Goethe et échanger avec les autres mères de l’école en anglais. Je ne sais pas dans quelle langue je rêvais, car je ne rêvais plus. Le seul élément rassurant dans l’affaire : je n’étais pas la seule dans mon cas. La plupart des expatriées avait un mari trop absorbé par son travail, des parents vieillissant au loin, de jeunes enfants exigeants. Les Britanniques, never explain, never complain, s’en sortaient apparemment mieux. Les Américaines, encore plus que les autres, ont été stupéfaites et abattues par le 11 Septembre. Evidemment, comme prévu, j’ai connu la fameuse courbe en U de l’expatriation. Au bout de trois ans, j’étais chez moi, et j’aurais pu vieillir le reste de mon âge sans regret, dans une ville et un pays que j’avais appris à aimer. Le petit groupe des Françaises avait même réussi à trouver au marché des escargots ! Alors, que vaut l’expérience ? Il existe souvent des réseaux d’expatriées. Il ne faut jamais les négliger. On y découvre une entraide sans faille, une écoute attentive, et surtout, des femmes dans la même situation. Un enfant à l’hôpital ? Une copine se propose d’héberger l’autre enfant pour vous laisser libre. Une jambe cassée ? Le réseau se mobilise pour dispatcher les gamins et s’en occuper, ou pour vous faire des courses. Et puis, il y a des aides professionnelles. On prend bien des cours de tennis, pourquoi ne pas apprendre à s’expatrier ? Le consultant, ou la consultante, vous prépare sur les plans pratique et personnel. Que faut-il prévoir ? Quel rétro planning ? Comment s’organiser ? Comment choisir sa future résidence (au-delà du simple service de relocation traditionnel) ? Comment s’adapter, avant de s’intégrer ? Lorsque toutes les démarches administratives sont prises en charge par un tiers, lorsque vous êtes préparée psychologiquement à ce que seront vos premiers jours et vos premières semaines, vous évitez le stress, les périodes de doute. Le conjoint sans activité professionnelle a besoin de ce soutien extérieur, qui décharge le conjoint au travail (et son assistante !). La profession qui va bien au-delà de la relocation, n’offre pas en France la visibilité qu’elle a dans le monde anglo-saxon, probablement parce que la tradition d’expatriation n’y est pas aussi forte. Demander l’appui d’un professionnel de l’expatriation constitue un moyen fort pour s’assurer une transition fluide, qui profite aussi bien au conjoint à la maison, pivot de l’équilibre familial, aux enfants, qu’à l’expatrié lui-même.
Commentaires (6)
damouredo a dit:
Dominique Dutilloy a dit:
Dominique Dutilloy a dit:
new reporter a dit:
lia a dit:Marine P. a dit:
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