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Emilie ou L'Histoire du Bruit qui tue. |
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| 02-07-2011 18:27 - 3507 visites - Flux Politique - Ecrit par supertitom - Lire son flux RSS | |
Il y a parfois des moments où l'impression que le sort s'acharne sur une seule et même personne est bien perceptible. Lorsque la maladie nous touche, que faisons-nous? Plusieurs solutions en réalité. Soit nous nous laissons abattre avec tout le fatalisme du monde, soit nous relevons la tête, avec l'aspiration de croire en un avenir meilleur, et à une guérison prochaine.
Partout dans le monde, jour après jours, des personnes tombent impuissantes sous le coup de maladie toutes plus punitives les unes que les autres. Pourtant quelque part dans le monde, il y a toujours une personne plus touchée que nous, qui nous démontre que la force de vivre, le courage, et l'abnégation ne sont pas de vains mots. C'est le cas notamment de Emilie, cette Française, qui, pour rester en vie, est contrainte de vivre dans le monde du silence, sous peine que le moindre bruit ne vienne lui ôter la vie. Voici son Histoire.
Emilie a 39 ans. Elle habite dans le petit village de Rouffignac en Dordogne, chez sa mère Madame Denise Brylinski. Arrière Arrière petite fille du grand accusateur Emile Zola, cette jeune femme, souffre depuis toujours d'une maladie neuro-musculaire engendrant une dégénérescence des tissus musculaires, à savoir la myopathie. Une maladie handicapante au possible au quotidien, qui se suffit à elle même pour pénaliser la vie des personnes atteintes. Emilie est donc myopathe, mais ce n'est pas le seul mal dont elle souffre depuis sa plus tendre enfance. En effet, cette dernière est aussi victime d'une anomalie de l'oreille, qui s'est matérialisée par un non développement complet de l'oreille interne, ayant pour principales conséquences, le non filtrage des sons en tous genres par cette « éponge » auditive. Aucun son de plus de 20 Décibels n'est supporté par la jeune femme, sous peine d'aggraver encore d'avantage ses maux. « Oui », son oreille ne filtre absolument aucun bruit, et de ce fait, les sons arrivent « bruts » au niveau de l'encéphale de Emilie.
Voici à titre d'exemple une échelle des décibels suscités en fonction de certains sons : 0 dB : Seuil d’audibilité De 0 à 10 dB : Désert ou Chambre sourde De 10 à 20 dB : Cabine de prise de son, "tic-tac" de l'aiguille trotteuse d'une montre De 20 à 30 dB : Conversation à voix basses, Chuchotement De 30 à 40 dB : Forêt De 40 à 50 dB : Lave Vaiselle De 50 à 60 dB : Lave-ligne De 60 à 70 dB : Sèche Linge, sonnerie de téléphone, Téléviseur conversation courante De 70 à 80 dB : Aspirateur, restaurant bruyant, passage d’un train à 80 km/h De 80 à 90 dB : Tondeuse à gazon, klaxon de voiture, Tronçonneuse électrique De 90 à 100 dB : Route à circulation dense, atelier de forgeage, TGV à 300 km/h à 25 m De 100 à 110 dB : Marteau Piqueur à moins de 5 mètres dans une rue, Discothèque, concert amplifié De 110 à 120 dB : Tonnerre, atelier de chaudronnerie, De 120 à 130 dB : Sirène d’un véhicule de pompier, avion au décollage (à 300 mètres)
Emilie est donc vous l'aurez compris, non seulement myopathe, mais aussi victime d'une malformation auditive de tout premier ordre. Une accumulation des pathologies qui la contraint à rester confinée, à l'abri, dans un milieu stérile, sous oxygène, et dans un milieu phonique nul (la maison où elle réside a été conçu dans ce sens après 2 ans d'études). Une vie dans le monde du silence, à l'abri du monde extérieur, auquel son entourage s'est acclimaté, ne conversant avec Emilie que par écrit, sans prononcer le moindre mot, sous peine de porter de graves lésions encéphaliques à la jeune femme ou encore de lui infliger des douleurs insupportables. La demoiselle n'est donc ni sourde, ni muette, mais doit se comporter comme tel, afin de ne prendre aucun risque pour sa propre vie, tout comme son entourage familial. Malheureusement, comme pour toute personne vivante, cette dernière ne peut échapper aux maladies les plus bénignes, ni aux maux les plus courants. Et c'est ainsi qu'en 2010, cette dernière a contracté une infection dentaire, qui fut au début soignée par un dentiste à domicile (ayant un équipement spécialisé pour émettre le moins de bruits possibles), et cela jusqu'à ce qu'un médecin décide que celle-ci devait être hospitalisée et cela malgré l'avis des examens médicaux antérieurs. Une hospitalisation que la maman d'Emilie refuse, l'hôpital étant un endroit trop bruyant pour la vie de sa fille et avec un niveau de décibels bien trop élevé. Un conflit donc entre le médecin désireux de voir l'arrière-arrière-petite fille de Zola hospitalisée, et sa mère (preuves médicales à la main) qui s'y oppose. Résultats: Emilie est sans soins depuis Juin 2010, et son infection dentaire s'est propagée à ses yeux, jusqu'à engendrer une cécité complète de son oeil droit. Aujourd'hui, les expertises faites au fil du temps, ont prouvé que l'état de Emilie s'aggraverait si cette dernière sortait de la bulle stérile crée par sa mère en Dordogne. Une situation exceptionnelle en France, qui a même poussé l'Armée de l'Air Française a évité tout survol du village d'Emilie dans un rayon de 2 kilomètres, afin que cette dernière ne soit pas exposée aux décibels des avions de chasse. Emilie est donc au quotidien dérangée par les douleurs dues à sa maladie (la myopathie), est sujette à de violents acouphènes, et doit affronter des rages de dents terribles ainsi qu'une infection qui ronge son corps jour après jours en l'absence de soins décents. Une souffrance qui pourtant n'affecte pas cette femme qui est bien décidée à se battre pour rester en vie, mais qui ne voit au fil du temps (et sans le moindre soin accordé), que l'optique d'une mort assistée (euthanasie) en perspective pour abréger ses maux.
Ces derniers jours, Denise (la mère d'Emilie) et les représentants de l'association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), ont été reçus par la directrice de cabinet de Hélène Géronimi, le préfet de Dordogne, caressant ainsi l'utopique espoir de voir à nouveau les soins médicaux venir à Emilie et ainsi lui permettre de rester en vie. IL faut savoir donc que Emilie souffre de milles maux au quotidien, sans que la société France ne lui accorde le droit de vivre décemment, et d'avoir accès comme tous résidents du royaume de France aux soins médicaux. Combien de personnes en France, souffrant de maladie orphelines ou complexes sont aujourd'hui dans la même situation sans que leur cas n'intéresse personne? Pour Emilie, et pour toutes les personnes qui souffrent de maladies orphelines, n'hésitez pas à parler autour de vous de ces manquements à la dignité humaine, pour qu'un jour prochain peut-être, tout le monde puisse réellement vivre décemment en France.
Commentaires (8)
Ludo a dit:
Orchidia a dit:supertitom a dit:
supertitom a dit:
CITRONPRESSE a dit:
Mademoiselle a dit:
supertitom a dit:
supertitom a dit:
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