Ebauche de solution à l'esclavage au pays des Cèdres

28-06-2010 19:21 - 1886 visites - Flux International - Ecrit par Coquelicot - Lire son flux RSS
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Le 25 juin, une Libanaise de 41 ans a été condamnée à un mois de prison et à verser 6600 dollars à sa victime, une aide ménagère sri-lankaise, âgée de 27 ans sur laquelle elle exerçait des brimades physiques et psychologiques. Une grande avancée dans ce pays soucieux de son image en terme de défense des droits de l'homme. Le cas de cette malheureuse n'étant pas isolé, l'association de défense des aides ménagères étrangères s'insurge contre le sort de ces personnes faisant l'objet de violation des droits les plus élémentaires à savoir la confiscation de leur passeport en vue d'exercer sur elles  une emprise sans faille aucune, la privation d'un jour de repos hebdomaire... Venues de manière légale ou illégale du Sri-Lanka, des Philippines, d'Ethiopie, du Bangladesh ou d'ailleurs au pays des cèdres, dans l'espoir d'améliorer leurs conditions de vie et celles des leurs, leur nombre avoisine les 200 000 et leur salaire est défini en fonction de leur pays de provenance.
 Bien que menues et dénutries elles astiquent, à longueur de journée, avec l'énergie que seules possèdent les laissées pour compte désireuses de briser les chaînes de la misère, et s'évertuent à faire briller de propreté lieux publics et lieux privés. Dans certains cas, les "bonnes à tout faire" vivent recluses dans l'appartement hyper bien entretenu, dépossédées de leur vie pour satisfaire aux exigences royales de la famille sans oublier les caprices de la progéniture.
Le plus troublant est de voir ces frêles créatures s'activant avec une certaine frénésie mêlée d'une sombre gaîeté, en préparant les sacs de plage destinés aux "maîtres", juste à l'idée de regarder de leurs yeux avides la joie de vivre des autres. Regarder furtivement sans avoir le droit ni de nager ni de s'éclater... Non, dans ces endroits privés, les bonnes n'ont pas le droit de nager ni de s'asseoir à table au restaurant, à moins de surveiller bébé et préserver la quiétude du moment de leurs chefs en évitant tout geste inutile à Madame ou Monsieur. Surtout que là-bas, le bonheur est bruyant à en devenir indécent pour ceux qui n'en n'ont que le parfum, la musique, les couleurs mais sans aucune saveur... "J'aurais voulu qu'ils existassent moins forts, moins bruyamment, avec plus de retenue", pour ne pas me renvoyer l'étendue de mon dénuement, devraient-elles penser ! 
A ces injustices, s'ajoutent parfois maltraitances, abus physiques que médias étrangers ont vigoureusement dénoncé, incitant les autorités à esquisser une ébauche du traitement de ce malaise social. « Les aides ménagères ne sont pas avantagées, principalement en raison du système de garantie (kafala) auquel elles sont soumises et qui lie l'employeur à l'employé durant toute la durée du contrat », explique Sawsan Abdel-Rahim, coauteur d'une étude sur les attitudes des employeurs libanais vis-à-vis des aides ménagères, présentée vendredi par l'association Kafa au cours d'une conférence, sous l'égide du ministre du travail, lequel est bien décidé à juguler cette désastreuse exploitation des précaires.Les personnes interrogées ont ainsi reconnu que « le système actuel protège l'employeur, ce qui fragilise encore plus la situation des employées de maison », précisant que celui-ci « n'englobe pas uniquement la loi, mais aussi les bureaux de recrutement et les critères sociaux ».Plus de 82 % des personnes ayant participé à l'étude ont reconnu que « le gouvernement devrait s'engager davantage pour faire appliquer les lois susceptibles de protéger les employeurs et les auxilliaires de maison ». Quelque 83,1 % d'entre elles ont reconnu la nécessité de mettre en place une stratégie pour définir le salaire minimum d'une employée de maison. L'étude a par ailleurs montré que 88,2 % des employeurs interrogés sont convaincus de la nécessité de confisquer le passeport de l'aide ménagère pour l'empêcher de fuir. Plus de 30 % d'entre eux enferment l'employée et 45,5 % ne lui accordent pas de jour de congé hebdomadaire. Seuls 20 % lui permettent de sortir une fois par semaine.De nombreuses déclarations faites dans le cadre de l'étude ont insisté sur « le droit des employeurs de prendre les décisions à la place des employées dans l'intérêt de ces dernières d'une part et pour se protéger d'autre part ». Ainsi, ils n'auront pas à être responsables d'« incidents fâcheux". 
Un terreau fertile pour générer des tragédies terrifiantes survenues dans certaines familles où, peut-être poussées à bout par la profusion de richesses, l'intensité de la vie face à leur précarité, des employées ont tué bébés, égorgé maîtresses, étranglé enfants...
Depuis la diffusion par France 2, envoyé spécial, sur ce type d'abus, on s'est mis à suspecter tous les libanais alors qu'une bonne partie de ces employées vivent tellement bien leur séjour et continuent de renouveler leur contrat chez des familles devenues leurs propres familles...
Sources : Orient le jour, familles concernées.





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