
Il est intéressant de noter comment le libéralisme devient la boussole des socialistes dès qu'ils sont sortent de France alors que c'est la source de tous les malheur dans notre pays. J.Delors pendant 10 ans à la tête de la Commission Européenne puis tous les socialistes dans les institutions européennes en sont des partisans farouches ainsi que P.Lamy à la tête de l'OMC, véritable chantre du libre-échange et maintenant, DSK au FMI, grand réformateur et adepte de la rupture sarkozyenne. Certains naïfs avaient cru que son élection marquerait un tournant « à gauche » pour les institutions mondiales avec un rééquilibrage Nord-Sud. La réalité est toute autre et montre bien que
la majorité des socialistes ont accepté depuis un certain temps déjà l'économie de marché mondialisée. Ils leur manquent juste le courage de le dire en France et quand ils sont candidats.
Le premier plan de DSK pour le FMI est un plan de réformes drastiques destiné à assainir les finances de l'institution chargée de garantir la stabilité des échanges internationaux qui croulent sous les déficits. Pour réduire ces déficits qui se montent à 400 millions de dollars, DSK prévoit de supprimer jusqu'à 15 % des effectifs pour économiser 100 millions par an. Il prévoit aussi de transformer cette « usine à papier » en remplaçant des économistes (gratte-papiers éloignés des réalités) par des cadres du milieu financier (professionnels ayant une expérience de terrain). Ne doutons pas qu'avec une telle réforme qui fait rêver plus d'un ministre de l'Economie et des Finances en France, le FMI marchera normalement d'ici peu.
Le FMI vient aussi de publier
ses recommandations à la France pour ce qui est de l'action politique en cours et des réformes à mener. Les experts de la mission chargée d'étudier la situation française saluent « l'élection d'un nouveau président et la nomination d'un gouvernement ouvertement réformateur » qui « offrent à la France l'occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues ». Les services de DSK proposent encore qu' « une ferme volonté réformiste, en véritable rupture avec le passé, associée à un rééquilibrage budgétaire plus marqué qu'il n'est envisagé actuellement, créerait un cycle vertueux combinant hausse de la croissance, assainissement des finances publiques et diminution du chômage ».

Voilà donc
« l'orientation de gauche » qu'imprime DSK sur le FMI : satisfécit à N.Sarkozy pour son élection et sa volonté réformatrice associé à un encouragement à aller plus loin dans la rupture et un plan drastique de réformes
de l'Etat pour le FMI. On se dit que DSK aurait vraiment pu la gagner cette élection présidentielle s'il n'avait pas choisi le mauvais camp et le mauvais discours. Qu'il se rassure, l'ouverture ne semble pas être un gadget et il pourra envoyer à N.Sarkozy son CV dès la fin de son mandat au FMI. Le président sera très heureux de compter un tel réformateur (osant supprimer 15% des effectifs d'une administration) parmi ses ministres.