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Devenir « journaliste » au Figaro pour huit euros par mois… |
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| 23-02-2010 20:43 - 3108 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Les stages gratuits
dans les rédactions ne sont pas une spécialité de la presse française. J’ai
moi-même bénéficié d’un internship à
la rédaction de The Independent, mais
il s’agissait d’un « stage » de pure observation. Tel n’est pas le cas de
divers stages dans certains titres de presse français. Mais, là, Le Figaro vous transforme en « vrai journaliste » moyennant un
abonnement « select » de huit euros mensuels. Et on vous délivre une
carte de correspondant ou d'envoyé spécial permanent ? Ou de chef d'escadrille ? La modération a posteriori des commentaires sur des sites d’information générale présente l’avantage de ne pas coûter cher aux sociétés éditrices. Il s’agit en fait d’une sorte d’autorégulation supervisée par des modérateurs rétribués qui interviennent lorsque des internautes leur signalent des contributions douteuses, susceptibles ou non d’enfreindre les lois sur la presse. Jusqu’à peu, le site du Figaro modérait a priori, avant publication, tous les commentaires de celles et ceux s’étant inscrits ou ayant négligé de le faire mais communiquant une adresse de courriel valide. Là, n’osant sans doute déjà restreindre les commentaires aux abonnés à une version en ligne ou recevant le journal à domicile, comme le fait Le Monde, la direction du Figaro promeut son service « sélect » en proposant la publication directe des commentaires.
Mieux : ce 23 février 2010, on vous proposait de « publier
vos propres notes comme un vrai journaliste » et de vous abonner
directement au service sans même en consulter
Mais la dénomination « vrai journaliste » ne ressortirait-elle pas de la publicité mensongère ? En effet, dans une société éditrice répertoriée à la commission des papiers et agences de presse (aujourd’hui, la Commission paritaire des publications et agences de presse), les journalistes n’ont pas à signer de clause stipulant, comme les conditions générales du site, « ce droit [de conservation personnelle des parutions, Ndlr.] est consenti dans le cadre d'un usage strictement personnel, privé et non collectif, toute mise en réseau, toute rediffusion ou commercialisation totale ou partielle de ce contenu, auprès des tiers, sous quelle que forme que ce soit, étant strictement interdite. ».
Toute reprise d’un article publié par une société éditrice tierce fait l’objet d’une rétribution de l’auteur ou, si un accord ad hoc le prévoit, toute diffusion en ligne d’un article déjà paru fait l’objet d’une rétribution forfaitaire. De plus, tout journaliste peut réunir ses chroniques et ses articles, et les faire paraître sous forme de recueil. Cela vaut d’ailleurs pour des animateurs, comme Philippe Bouvard, Pierre Bellemare, et tant d’autres. « Ce recueil est un choix parmi le millier de chroniques que Jean d'Ormesson a publiées de 1969 à aujourd'hui, » signale le prière d’insérer d’Odeur du temps, chroniques du temps qui passe, d’un certain Jean d’Ormesson. Lequel, sauf erreur de mémoire, s’est illustré surtout dans Le Figaro. Ce genre de clause a-t-elle été signée par une Anne Fulda, journaliste du Figaro, pour ne citer qu’elle ? Même pour le Talk Orange, émission vidéo qu’elle anime avec Guillaume Tabard, je serais très étonné qu’une telle clause lui ait été opposée.
Fournir des contenus gratuitement à un site se conçoit. Il
peut s’agir d’une démarche citoyenne. Mais pour Le Monde interactif, par
exemple, c’est aussi une source de revenus non négligeables. Les « chroniques
d’abonnés » du Monde s’assortissent
ainsi de publicité pour des services (ainsi, dernièrement pour Gymglich, une
méthode de cours d’anglais ; ou encore un jeu parrainé par Damart, ou bien
le site Assurland, qui se rémunère sur les contrats passés par les
Internautes…). Chaque page d’abonné contient un lien vers la régie publicitaire
I-Regie, qui « commercialise l’offre internet du Groupe Le Monde). Tout
blogue-notes du Figaro s’accompagne
de publicités (ce jour, pour Renault, ou
En droit des sociétés, une clause léonine « prive un associé de tout droit aux profits »
et une telle clause est prohibée. Ne serait-il pas temps d’étendre aux
particuliers de telles dispositions ? En tout cas, puisque la société
éditrice du Figaro considère que ses
abonnés sont de vrais journalistes, il lui est fait obligation de se conformer
à la convention collective dont elle est signataire. Mais cela pourrait
évoluer. Ainsi, les syndicats de journalistes, comme le SGJ-FO, dénoncent :
« au prétexte de défendre le droit
d’auteur,
Commentaires (1)
Laury a dit:Ecrivez un commentaire
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