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Des soutiens de Julien Coupat embastillés |
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| 18-05-2009 17:57 - 2942 visites - Flux Politique - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
« Les gardés à vue de Rouen, soutiens de Julien Coupat, transférés à Levallois au siège de la sous-direction antiterroriste » (la presse). Par ailleurs, François Bouchardeau, Samuel Autexier, journalistes et éditeurs à Forcalquier, et leurs compagne ou sœur, sont aussi interrogés pour des motifs similaires : manifester un soutien à Julien Coupat et à « ceux de Tarnac ». Ce serait farce si ce n'était tragique. La SDAT agit comme si des saboteurs normands allaient soulever les banlieues et s'emparer de la gare Saint-Lazare…
Or donc, près de Rouen, lundi 18 mai 2009, une femme et deux hommes suspects de soutenir les demandes de libération de Julien Coupat, détenu depuis plus de six mois en attendant qu'on lui taille sur mesure un costume de « cerveau de la subvertion », sont arrêtés. Gardés à vue, leurs domiciles perquisitionnés, ils sont transférés à Levallois pour être longuement interrogés par les policiers de l'antiterrorisme. Faute de feu, on crée de la fumée. Les « quatre de Forcalquier ». À Forcalquier, bourg proche d'Aix-en-Provence et de Lurs, c'est quatre autres personnes qui font l'objet d'une arrestation. Il s'agit d'Héléna et Samuel Autexier, journalistes et éditeurs, de François Bouchardeau et de sa compagne. Ils auraient diffusé un tract appellant à la libération de Julien Coupat qui comportait la photo de la résidence d'un haut-fonctionnaire de police. Une donnée qu'on peut sans doute trouver dans les Pages jaunes des annuaires ou que tout le monde connait aux alentours. Et question menées subversives clandestines, un tract, c'est sûr, surtout émanant de gens archi-connus de longue date, c'est clair, voilà une vraie trouvaille !
François Bouchardeau est loin d'être un inconnu. Le fils d'Huguette Bouchardeau, qui avait succédé à Michel Rocard à la tête du Parti socialiste unifié et qui, ancienne ministre, avait fondé les éditions HB, est notamment l'auteur de projet éditoriaux tels un agenda de l'année Jules Vernes (2005) ou un Agenda Rabelais (2006). Fin 2008, après avoir sorti un agenda sur Mai 1968, il met la clef sous le paillasson et Hélène Delmas, une collaboratrice reprend l'une des collections pour créer la maison d'éditions Le Mot fou. Et on peut se demander pourquoi les intellectuel·le·s et les journalistes, si prompts à se mobiliser lorsque l'un·e des leurs est pris·e en otage, sont si peu nombreuses à se manifester. C'est sans doute qu'il n'y a plus aucune chance de passer dans les étranges lucarnes pour s'indigner et que le soutien à Coupat, à ceux de Tarnac, de Rouen et Forcalquier n'est pas une « opportunité photo ». L'appel de Françoise Simpère Sur son blogue-notes, Jouer au monde , pourtant, Françoise Simpère a publié une lettre à Nicolas Sarközy. « Monsieur le président, je vous fais une lettre…, » écrit-elle. Quand on sait où mènent les courriels adressés à une députée et conseillère de Paris (vers le ministère de la Culture et la direction de TF1), on peut frémir. Françoise Simpère ne va-t-elle pas aller directement en prison sans repasser par la case domicile pour se munir de linge de corps et d'une brosse à dents. « Pas au pays des Droits de l'Homme », comme disaient ceux de Drancy avant de monter dans des wagons à bestiaux plombés. Désormais, allez savoir…
Elle remarque simplement cela :
« Monsieur le Président, les Français ne comprendraient pas que vous mainteniez en
détention un homme sur lequel ne pèse aucune charge sérieuse alors que
vous vous êtes déplacé personnellement et êtes intervenu avec force
auprès du président Tchadien pour faire libérer les membres de l’Arche
de Zoe, qui avaient pourtant été jugés et reconnus coupables- même si
leur intention humanitaire était sans doute
sincère- de recel d’enfants et d’escroquerie. Ces condamnés à 8 ans de
détention sont aujourd’hui libres alors que Julien Coupat reste en
prison sans que l’enquête qui se poursuit depuis six mois ait pu prouver qu’il ait commis la moindre
infraction. ». La « femme de 36 ans » a un visage, un nom. On se souvient qu'une « femme de 36 ans » avait été aussi, le 28 avril dernier, placée 72 heures en garde à vue, puis libérée. Pour qui a fait simplement de la prison une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour avoir, au Burkina Faso, ne pas avoir rempli une fiche d'hôtel que l'hôtelier avait oublié de lui faire remplir, on peut concevoir ce que sont 72 heures d'interrogatoires. Le but n'était pas de lui tirer le moindre renseignement qui n'aurait pas déjà été connu, mais de bien signifier aux Françaises et aux Français qu'une femme peut être retenue ainsi si elle manifeste un soutien à... Julien Coupat, le Droit au Logement (DAL), les Don Quichotte ? Nommez-le, nommez-les…
Et puis, depuis, à l'envie, on répète « une femme de 36 ans ». Toutes les dépêches d'agence reprennent l'antienne, reproduite telle par la plupart des journaux, et encore aujourd'hui et demain, en Province comme à Paris.
Thierry Fragnoli a obtenu un droit de réponse du Monde. Démentant formellement. Thierry Fragnoly a déjà collecté plus d'un millier de pièces qui sont dûment cotées. Sans compter les procès-verbaux. De gens qui, pour la plupart, ont reçu la visite d'un simple enquêteur, auxiliaire des officiers de police judiciaire, ou se sont benoîtement rendus à une convocation dans un commissariat. Bientôt une rafle étendue ?
C'était à Chambéry et Michaël survit, gravement atteint après l'explosion. Un autre jeune homme, Raphaël, a aussi été longuement entendu à Levallois, au siège de la SDAT. Son nom serait resté sur la boîte aux lettres des deux jeunes gens. Question méthodes clandestines, on a fait mieux. Il aurait « détruit des preuves » en se débarrassant de tracts anarchistes périmés (appelant à manifester le 1er mai). La garde à vue, dans ces affaires de terrorisme est de 96 heures. On a, par le passé, fait mieux.
Voir aussi, sur C4N : Suite avant éventuel épilogue…
Dans un premier temps, du fait d'un lapsus de saisie et d'une faute de vérification flagrante, j'avais écrit trop rapidement « F. Bouchardeau et S. Autexier et leurs compagnes ». Helena Autexier est la sœur de Samuel, merci N. de m'avoir signalé cette bourde. J'imagine qu'il pense ce que pense le maire de la commune . Lundi soir, la garde à vue des interpellés près de Rouen a été prolongée. Le motif serait qu'ils se seraient rendus à Thessalonique (Macédoine grecque) où s'était trouvé (simultanément ?) Julien Coupat et supposément des « gauchistes » allemands (peut-être bien aussi juifs, comme un certain Dany le Rouge).
Commentaires (7)
AgnesB a dit:n. a dit:Jef Tombeur a dit:
Jef Tombeur a dit:
AgnesB a dit:
françoise simpère a dit:
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