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CUBA l'infidèle (deuxième partie) |
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| 19-12-2011 12:08 - 1436 visites - Flux International - Ecrit par Christian Navis - Lire son flux RSS | |
Doublons, pièces de huit et faux schillings... Comme au temps des pirates, Cuba utilise deux monnaies : une pour les riches, le CUC (peso convertible indexé sur le dollar US) destiné au commerce avec les étrangers, dans ou hors du pays. Et une pour les pauvres, le peso cubano (symbole $ !) qui vaut environ 30 fois moins et n'a pas cours à l'extérieur.
Au secours, les Américains sont de retour !
La première surprise pour un Européen est de voir flotter le Stars and Stripes.
La bannière la plus symbolique s'affiche à Cienfuegos à l'extrémité de la punta Gorda, sur une ancienne résidence de Battista transformée en hôtel de luxe. Un palace aux pieds duquel se trouve une marina abritant quelques yachts étazuniens arborant leur emblème national en poupe et le pavillon de courtoisie cubain à tribord comme il se doit.
Mais ces considérations pratiques n'expliquent pas tout : la société cubaine et ses élites sont schizophrènes. Derrière une détestation affichée du grand voisin, on est resté fasciné par l'ancienne puissance tutélaire. Ses modes et ses goûts, son opulence et son arrogance.
Malgré la traditionnelle défiance envers les "commies", l'activisme du lobby anti-castriste de Floride, et le maintien de l'embargo (légèrement assoupli, le congrès empêchant Obama d'ouvrir davantage les écluses) des Américains sont bel et bien à Cuba.
Cuba, nouvel eldorado capitaliste Après ces Latinos, complètement américanisés dès la deuxième génération, ont débarqué des Américains plus "classiques". Depuis 2 ou 3 ans, leurs déplacements sont tolérés sinon acceptés de part et d'autre. Et, au cas où les relations se gâteraient de nouveau, et où les USA redeviendraient suspicieux envers tous ceux ayant séjourné à Cuba, des visas volants sont attribués à tout le monde.
Pour le moment, en concurrence avec les établissements financiers d'Europe, du Japon et de la Chine, les capitaux yankees s'investissent dans le tourisme et les travaux publics dans les zones concédées via des holdings canadiennes, faisant transiter les fonds par des sociétés-écrans sises dans les paradis fiscaux abondant dans les Caraïbes.
Fin 2011, il y a 2 fois plus d'hôtels en construction que d'établissements exploités. Les clubs de vacances poussent comme de champignons. Et à Varadero, comme à Trinidad, sur les Cayos comme à Guardalavaca, les infrastructures suivent. En commençant par les routes qu'on améliore ou qu'on crée, suivies des aérodromes et des ports de plaisance. D'ores et déjà, les plages des Cayos du Nord de l'île, battues par les alizés, sont des spots réputés pour les kite surfers du monde entier. Et des catamarans de luxe rappliquent. Sea, sex and sun for happy few. Chaque nouveau lieu de villégiature est une aubaine pour la population alentour. Plus besoin de trimer dans les champs de canne à sucre, les bananeraies ou les coopératives fromagères pour des salaires de misère. Rien qu'avec les pourboires, une femme de chambre ou un groom peut gagner dans une semaine plus qu'un professeur d'université ou un chirurgien en un mois. Sans se forcer à être aimables avec les clients tant la sourire est une constante de la culture cubaine, même quand on n'attend rien en échange.
A cela s'ajoutent des adductions d'eau et d'électricité pour tout le monde, et parfois des logements coquets près des hôtels, qui changent des habituelles cabanes en planches aux toits de tole ondulée des campesinos, et des taudis urbains.
Grosse ombre au tableau : le communisme cubain engendre une forme de rackett institutionnalisé
Et gare à qui ne crache pas au bassinet pour faire garder sa voiture, visiter tranquillement un site intéressant ou réserver une bonne place dans un restau.
Commentaires (1)
zelectron a dit:Ecrivez un commentaire
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