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Crise économique : la nécessité d'une autre politique |
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| 17-01-2009 17:35 - 1293 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par fabien - Lire son flux RSS | |
Après le mirage communiste du tout Etat, c'est le mirage néolibéral du tout-marché qui s'effondre. Selon une vieille rhétorique, on a par exemple fait croire au bon peuple que l'enrichissement de quelques-uns ruisselerait en cascade sur ceux d'en bas. Le problème, c'est que tout était faux. Depuis trois décennies, le surcroît de richesses créé par nos économies ne profitait qu'à une minorité, ce qui est visible de façon criante aux Etats-Unis. Même en France, les statistiques montrent une stagnation du revenu salarial réel pour la plupart, tandis qu'une infime minorité voyait son patrimoine exploser. Aujourd'hui, ceux qui se sont goinfrés dans le secteur financier morflent, mais l'argent qui s'évapore disparaît aussi pour ceux qui n'avaient jamais joué à ces jeux-là ! "Pendant ce temps, comme l'écrit Michel Onfray dans "Libération", il se vend sans discontinuer des montres qui correspondent à cinq années d'un Smic net, il se facture des nuits d'hôtel équivalant à une demi-année de Smic ou des chaussures trustées pour presque deux salaires mensuels". Et si ça fait travailler des gens, dira-t-on ? Et bien justement, c'est en partie les excès d'une nouvelle aristocratie, non plus fondée sur le privilège du sang mais sur celui de l'argent, qui ont créé l'effondrement auquel on assiste, et le chômage qui va avec. Dirait-on aujourd'hui que la cour de Versailles, c'était cool parce que ça faisait bosser les gueux du bas peuple ? Malgré sa rapidité à réagir, la droite sarkozyste en France, pas plus que les conservateurs ailleurs dans le monde, n'est capable d'offrir une réponse satisfaisante à cette crise. Premièrement parce que la plupart de ses options économiques défendues pendant la campagne ont leur place dans le manuel du parfait néolibéral. Deuxièmement parce que le dernier plan de relance oublie totalement le volet "consommation et pouvoir d'achat", c'est-à-dire les salariés et tous ceux qui vivent dans la précarité. Sans compter que l'Etat, contrairement à ce qui se passe en Grande-Bretagne, a renoncé à intervenir là où se prennent les décisions dans les banques auxquelles il prête de l'argent. Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'une force politique qui défende clairement un autre modèle de société, avec côte à côte un secteur privé où la concurrence serait encadrée par des normes sociales et environnementales garantes de l'intérêt général ; un secteur public permettant à chacun l'accès aux biens fondamentaux afin de vivre dignement et d'être libre d'entreprendre ; et enfin un secteur d'économie sociale (coopératives, mutuelles, associations) où le caractère privé des activités aboutit plus à l'élévation du bien-être des membres qu'à la recherche à tout prix du profit. François Bayrou prétend défendre un modèle humaniste de ce type, mais son programme est encore flou, ses partenaires étrangers bien trop classiques. Le PS possède les ressources pour bâtir un tel projet, et malgré des sociaux-démocrates européens parfois plus à droite que lui, le "Manifesto" qu'a élaboré le PSE est un pas en avant. La bataille des ego, les petitesses et les médiocrités individuelles empêcheront-elles ce parti d'accomplir cette mue ? Si oui, alors la refondation à opérer sera plus longue et plus profonde qu'on ne l'imagine.
Commentaires (4)
nini_lepetit a dit:
Veritas a dit:JACKDANIELS a dit:Veritas a dit:
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