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Chantal de Rudder se distancie du « Plaisir de tuer » (le titre du livre). |
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| 24-09-2009 06:13 - 2681 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Non, Chantal de Rudder, coauteure, avec le psychiatre expert judiciaire Michel Dubec, de l’essai Le Plaisir de tuer au Seuil, ne prend pas de distance avec son partenaire en écriture ou avec le contenu du livre. Mais elle confie volontiers qu’au lieu de ce titre, elle aurait largement préféré celui qu’elle avait suggéré : « La Leçon des ténèbres ». En tout cas, alors que le Dr Dubec est poursuivi par le Conseil départemental parisien de l’Ordre des médecins, elle tient à réaffirmer haut et fort qu’elle lui conserve son entière confiance.
Un titre racoleur ? Devant la chambre ordinale disciplinaire
de première instance de l’Ordre des médecins, l’un des avocats d’Illitch
Ramirez Sànchez, alias Carlos (le terroriste), Me Francis Vuillemin, avait
estimé « racoleur »
l’ouvrage de
Une vocation inspirée par sa mère. Selon Chantal de Rudder, Michel
Dubec serait devenu expert psychiatre devant les tribunaux « en raison de la Shoah ». Parfois,
il évoque aussi sa mère, déportée. Ce n’est donc pas contradictoire. « Avec sa rencontre avec Paul Touvier, le chef
de la milice lyonnaise, il commence à vouloir comprendre le mal à travers les
cas de criminels qu’il examine ». Cette démarche, sans doute
obsessionnelle, « ne l’empêche pas
d’être un grand professionnel, » poursuit-elle, estimant qu’il sait
faire la part des choses en déposant devant les tribunaux. « Il m’intéressait, en quelque sorte,
d’expertiser un expert, et il est allé jusqu’au bout ». Au bout de
lui-même, affirme
Une féministe très informée. Amie d’Élizabeth Badinter, elle l’est aussi d’autres figures de diverses mouvances féministes, dont l’historienne Marie-Jo Bonnet, Chantal de Rudder, mais s’est aussi attirée, au Nouvel Observateur, les critiques d’autres (tout comme Mariella Righini). Chantal de Rudder, scénariste du téléfilm Les Amants du Flore, consacré au « Castor » (S. de Beauvoir), peut être discutée mais non point considérée être anti-féministe. Nul n’en disconvient. « C’est un reproche aussi absurde quand il est adressé à Michel Dubec, » considère-t-elle. Dans le microcosme des féministes, il se trouvera sans doute toujours des « historiques radicales » pour soutenir que, même compagnons de route, des hommes conservent toujours un fond de machisme patriarcal, mais la présumée misogynie de Michel Dubec n’est pas du tout évidente à toutes et tous à la lecture attentive du livre. « En tout cas, après celle du livre dans son intégralité, souligne-t-elle, car évidemment, si on sort telle ou telle phrase de son contexte, on peut écrire n’importe quoi… Or la plupart, si ce n’est la très large majorité des gens qui s’offusquent de telle ou telle phrase, d’un extrait, m’avouent n’avoir absolument pas lu le livre en son entier. ».
Un argument indéniable. Assurant la défense de Michel Dubec devant la chambre ordinale des médecins, Me Bertrand Burgot avait insisté sur le fait que, lors de sa sortie, le livre avait généralement été salué par la critique et n’avait jamais inspiré de supputations voulant faire croire que les propos reproduits pourraient « inciter au viol ». L’argument n’a pas été réfuté par les cinq avocat·e·s opposé·e·s à Michel Dubec. Il est cependant faible s’il s’agit de démontrer que le livre, ou plutôt, surtout, et même exclusivement son coauteur masculin, serait l’objet d’une cabale après coup. Il y a d’abord une énorme différence entre écrire qu’un médecin ou un quidam « incite au viol » et dire que certains propos pourraient être pris pour une telle incitation. C’est affaire d’opinion. Ce qui est certain, c’est que les critiques reçoivent de nos jours soit un PDF d’un ouvrage, soit une épreuve en court-tirage, et qu’on ne sait jamais exactement ce qui va subsister du texte à publication. La prudence est donc de mise quant au verbatim. L’argument de la bonne réception par la critique est indéniable, mais… En fait, après diffusion, c’est assez lentement que des intervenants dans ce qui est désormais l’affaire « médicale » Dubec, ont découvert le livre, et estimé qu’il leur fournissait soit des griefs initiaux, soit des atouts supplémentaires pour le traîner devant l’Ordre des médecins. Eh oui, hélas, tout le monde ne lit plus la presse quotidienne ou hebdomadaire, voire non plus les annonces de parutions de livres sur l’Internet. Mais Chantal de Rudder n’est pas loin de prendre pour vraiment fondée l’une des argumentations de Me Burgot, soit que c’est une ancienne patiente du Dr Dubec, Brigitte Brami, qui serait la cheffe d’orchestre, l’instigatrice d’une acharnée campagne de dénigrement en ligne.
Mi chèvre, mi chou. Difficile de faire la part des choses. Oui,
Brigitte Brami a lancé en ligne une pétition visant le livre Le Plaisir de tuer. Oui, c’est l’une
de ses anciennes patientes qui reconnaît lui avoir notamment lui avoir envoyé des cartes postales, et qui ne se cache pas d’alerter la presse et divers relais
d’opinions au sujet de la teneur de passages du livre, mais aussi à propos de
certaines des expertises judiciaires contestées, parfois très fortement, par
des victimes, ou des protagonistes d’affaires judiciaires. La question est la suivante :
Brigitte Brami provoque-t-elle ou catalyse-t-elle ? recense-t-elle les
ressentiments à l’égard de l’expert Michel Dubec ? Difficile d’y répondre
de manière tranchée sans tomber dans l’absurde : une professeure
d’université (
Une simple cabale ? Ne serait-ce, vraiment, qu’une cabale ? S’il est évident qu’il n’est nullement agréable pour Michel Dubec d’être mis en cause en sachant que sa fille de douze ans pourrait en entendre parler, et en être vraiment troublée, on aurait plutôt l’impression, de prime abord, qu’elle doit être plutôt sensible au fait que son père est une personnalité très fréquemment médiatisée, et de manière le plus souvent élogieuse. Et enfin, de par sa profession, Michel Dubec n’est pas tout à fait démuni, en manque d’arguments. Il n’est pas non plus isolé, ostracisé par ses plus éminents et compétents confrères. Au fait, il n’aurait pas exercé en tant que pédopsy, Michel Dubec ? Et Chantal de Rudder, évoquant à ce sujet « la rumeur d’Orléans », ne va pas jusqu’au point d’affirmer que tout reproche adressé à Michel Dubec serait totalement, par nature, illusoire, irrationnel, calomnieux, diffamatoire. Ce qui était le cas pour ceux visant les propriétaires juifs d’un magasin d’Orléans, et la suite a formellement établi que la fiction d’une prétendue « traite des blanches » n’avait aucune réalité à Orléans. Il n’y a pas d’amalgame, car une telle assimilation serait d’ailleurs injurieuse à l’égard du conseil départemental des médecins parisiens qui s’est associé à deux (sur une dizaine examinées) des plaintes visant Michel Dubec.
À l’insu de son plein gré ? Ce qui est sûr c’est que personne, dans la presse professionnelle, en ligne ou imprimée, et pratiquement nul, jusqu’à nouvel informé, sur les sites d’information les plus connus, n’a été soutenir que le Dr Dubec justifierait sciemment les viols, et même pas « à l’insu de son plein gré ». Et de toute façon, s’il aurait violé le secret professionnel, ce que dira ou réfutera la chambre disciplinaire, c’est au sujet des cas précis de Maurice Joffo et du terroriste Carlos, nullement à travers ceux évoqués par qui soutient qu’indirectement certains de ses propos sur la sexualité pourraient être mal interprétés, surtout sortis de leur contexte. D’ailleurs, dans certains cercles féministes, et des plus radicaux, ils n’ont pas tant choqué puisqu’ils justifieraient, pour certains d’entre eux, que fondamentalement le sujet masculin est animé par une agressivité machiste et patriarcale. C’est discutable. Pas forcément irréversible. Tant bien même le Dr Dubec admettrait-il cette hypothèse qu’il ne lui est nullement reproché – si ce n’est par des commentateurs ou des réactions de femmes qui n’ont pas forcément châtié leur expression ou approfondi leur raisonnement – d’avoir voulu inciter à nourrir de tels fantasmes et encore moins à passer à l’acte. En ce sens, oui, l’« affaire Dubec et le viol » n’en est pas une, mais il y a bien une rumeur qui, laissant place à d’éventuelles fausses interprétations, pourrait nuire à Michel Dubec.
La si courte mémoire de
Un titre révélateur. Révélateur, au sens « argentique »
de mise en évidence, de développement, tel pourrait être considéré le titre de
cette contribution. Combien de tout jeunes secrétaires de rédaction, pressés
par les bouclages de plus en plus avancés et hâtifs, n’auraient pas validé un
titre tel « Chantal de Rudder se
distancie du Plaisir de tuer » ? Qui, alors qu’autrefois les
titreurs étaient soit des journalistes très spécialisés, voire de vieux
ouvriers du Livre, se serait encore posé la question de savoir s’il fallait
préciser « du livre » (puisqu’un titre désigne aussi, par métonymie,
selon Le Robert, « un ouvrage
particulier ») ? Qui pourrait considérer que sa mise entre
guillemets, en romain, n’équivaut pas à l’usage de l’italique, et suffisait à
signaler qu’il s’agissait du titre de l’ouvrage et non de l’ouvrage
lui-même ? « L’orthotypo,
coco ? Eh, tu as vu l’heure ? Allez, grouille, on s’en fout ! »
pourrais-je peut-être croire entendre encore. Des bêtes à concours, issus de
prépas, brillants dans les grands oraux, puis passés par des écoles de
journalisme, quelques stages, sont directement nommés secrétaires de rédaction.
Avec des responsabilités régaliennes, sans jamais avoir fait de terrain, sans
jamais avoir senti le bout de la carabine du « vélo » venu protester
qu’on lui avait fait brûler la priorité à la « moto » (titre du fait
divers : « vélo contre moto »), que son assurance ne le
couvrirait pas et qu’il fallait un rectificatif, et plus vite que ça, sinon le
« vélo » tirait ? On passe à présent directement ou presque de
sèche ou sec’ de rédac’ à
Citations tronquées, une partout ! Alors que la défense de Michel Dubec s’évertuait à souligner que les passages incriminés par l’instance départementale de l’Ordre et les parties Joffo et « Carlos » devaient être resitués dans leur contexte, on a vu Michel Dubec faire de même avec un passage du livre de Maurice Joffo, Pour quelques billes de plus ? Et lui imputer une interprétation pour le moins hâtive, tronquée, et plus que douteuse. Sans que la chambre ordinale, déjà lasse de toute une journée de longs débats, ne s’en émeuve, faute de pouvoir songer à prendre le temps de faire lire toute la page, voire tout le chapitre. La justice humaine est imparfaite, la chronique humaine aussi (mais peut-être moins que des synthèses assistées par ordinateur). Que Michel Dubec ait, là, selon moi, dérapé, ne rend pas le « jeu », les je, égal ou égaux. Il faudrait développer. Creuser l’argumentation. Faire valoir que, de toute façon, légalement, un tribunal ne peut plus vraiment condamner tout un livre au bûcher, ni l’exonérer en lui donnant un imprimatur global s’il contient des passages que certains peuvent incriminer. Tout comme un article de presse est limité en volume, une audience est limitée dans le temps. Mais l’hypertextualité peut, éventuellement, ultérieurement, remédier à cette insuffisance. L’Internet n’est ni la meilleure, ni la pire des choses pour la formation et l’information des citoyennes et citoyens. Mais il permet au moins qu’en sus d’une refutatio courte, sous forme de commentaires à une contribution, un droit de réponse plus développé (voire plus long que ce qui l’a suscité), puisse paraître en son intégralité, être accessible, consulté. L’affaire des suites du Plaisir de tuer mérite-t-elle un nouveau livre ? Peut-être pas. Mais quelque développement, sans doute. Libre à chacun d’y participer. Une chose est sûre : en matière de rumeur, les muets ont toujours tort.
Voir aussi :
Commentaires (9)
Jef Tombeur a dit:
Brigitte Brami a dit:
brigittebrami a dit:
BLOGSOLIDAIRE a dit:
BLOGSOLIDAIRE a dit:
BLOGSOLIDAIRE a dit:
VICTIME DU DR DUBEC a dit:
BRIGITTE BRAMI a dit:
colombevoyageuse a dit:
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