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Certitudes & candeur militaires, de Robert le Roy |
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| 30-03-2010 13:16 - 2307 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Ancien cyrard, déjà auteur de Méhariste au Niger (éd. Kartala, 1997), Robert le Roy n’est guère sorti violemment du cadre ou de sa réserve avec cet album illustré pince-sans-rire qui dépeint les travers militaires. Mais c’est plaisant ; et si les nostalgiques de l’armée de papa, et de la conscription, y trouveront leur compte, ceux de l’active ne seront guère dépaysés tant ils verront que le traditionnel immuable n’a pas déserté les terrains de leurs subtiles opérations de préservation.
Les trois armes (Terre, Air, Mer), leurs différentes composantes, les missions et leurs petits côtés qui font l’ordinaire de la vie militaire, sont passées en revue (de détail, de fête nationale…) et hormis l’aéronavale, à peine esquissée, peu d’aspects échappent à celui qui ne nous dit pas s’il a ou non opté pour le retrait anticipé. On peut donc largement offrir ce livre-album à toutes celles et ceux qui s’y reconnaîtront, soit beaucoup de monde à l’exception peut-être de l’adjudant Kronenbourg de Cabu.
Dans son introduction, Robert le Roy consigne : « cet ouvrage s’efforce de montrer que l’humour peut se manifester dans la fonction militaire tout autant que dans certaines autres institutions de la République, telles que l’administration fiscale et la conservation des hypothèques dont la gravité et le sérieux constituent cependant des vertus cardinales. ». L’effort, méritoire, ne fut pas vain.
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Le ton distancié et légèrement narquois, notamment à l’égard
des états-majors et des polytechniciens chargés d’affiner la composition des
paquetages et équipements des troupes des futures forces PFCMR (Force de
projection combinée modulable rétractable, soit apte à rembarquer aussi vite
que déployée), n’a certes rien de très subversif. Sous l’uniforme, l’auteur est
resté citoyen plus que « travailleur » au sens que lui donnaient les
comités de soldats des débuts des années 1970. Sans s’attarder sur la nostalgie
des latrines et des feuillées, des bandes molletières et des boutons de guêtres
briqués, Robert Le Roy ne l’évoque pas moins, ne serait-ce que pour mettre en
perspective la justesse et l’efficacité dans le discernement des « analyses priorisantes » des « critères de conflictualité ». La
pratique des esquisses à transmettre à la section topographique de ses divers
corps d’armée lui a conféré une bonne appréhension des perspectives et son coup
de crayon, s’il égratigne parfois, n’en demeure pas moins optimiste.
Quelques extraits de la table des matières devraient évoquer
nombre de souvenirs. Ainsi du soldat inconnu (non porté à l’effectif et
semblant sorti de nulle part), des stages de jungle, de survie, des manœuvres,
de la santé militaire, des variations sur la cuisine militaire, des fuyards,
des distinctions (multipliées à l’infini), ou de la créativité militaire. Pour
qui aurait échappé au passage sous les drapeaux (réformé P4, exempté, soutien
de famille, objecteur…), il y a de quoi éprouver quelques – très furtifs –
regrets. L’ensemble date peu, même si, du temps du service d’active de l’auteur,
les combattantes devaient rester rares au regard des encore maigres cohortes de
secrétaires et d’infirmières en uniformes.
