Cameroun : S’il y’avait la culture de la démission !

15-11-2011 19:59 - 787 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Maurice Defao - Lire son flux RSS
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Bernard Messengue Avom: l'un des ministres épinglés par le rapport de la Conac

En mars dernier, alors que Dominique Strauss Kahn était épinglé par la justice américaine dans une affaire de mœurs, il n’a pas hésité à démissionner de ses fonctions de directeur du Fond monétaire internationale, pour se mettre en tièrement à la disposition de la justice. Plus loin, ces derniers jours, l’Europe a vu deux de ses dirigeants rendre leurs tabliers, tout simplement parce qu’ils ont été incapable de stopper ou alors de prévenir la crise économique dans leurs pays respectifs. Il s’agit en l’occurrence de Silvio Berlusconi (premier ministre italien) et de Georges Papandreou (celui de la Grèce). Eux, qui au profond de la crise, ont admis leur incompétence et ont accepté volontiers de démissionner de leurs prestigieuses fonctions.  Ainsi, l’on peut dire que la culture de la démission est suffisamment ancrée dans les valeurs occidentales.

 En Afrique et au Cameroun particulièrement, démissionner pour un dirigeant est plus que la mort ! Même dans un état d’incapacité et d’incompétence avéré, aucun dirigeant camerounais n’accepte rendre le tablier. Au jour d’aujourd’hui, il est difficile de recenser au Cameroun plus de cinq ministres ayant déjà personnellement renoncé à l’exercice de leurs fonctions ; même si impliqué dans de graves scandales. L’un des rares ayant fracassement quitté le gouvernement camerounais reste Garga Haman Adji ; lui,  qui avait quitté le gouvernement camerounais dans les années 90, protestant contre les pressions qu’il subissait dans  la vaste lutte contre la corruption qu’il avait engagé alors qu’il était ministre de la fonction publique. Les quelques autres rares qui ont démissionné ne l’ont fait en réalité que pour des raisons purement politiques.

Depuis quelques jours, l’actualité camerounaise est largement dominée par le rapport qu’a rendu public la semaine dernière la Commission Nationale Anti – Corruption du Cameroun. Lequel rapport  épingle plusieurs hautes personnalités camerounaises dont les ministres des travaux publics et de l’agriculture. En effet, selon le rapport de la Conac couvrant la période 2008 à 2010, plusieurs dizaines de milliards de francs Cfa auraient été détournés dans les caisses de l’Etat Camerounais par ces responsables. Seulement, près d’une semaine après la publication du dit rapport, ces hauts responsables affichent un silence plutôt surprenant. Eux, qui devraient sans plus attendre se mettre à la disposition de la justice. Seul Bernard Messengue Avom ministre des travaux publics s’est dit très surpris par ces accusations et défend qu’il a autorisé un audit interne pour faire la lumière sur cette affaire. Une position qui nous semble être une fuite vers l’avant. Car, son audit a bien sa place ; mais entre temps il devrait quand même démissionner et se mettre dans la peau d’un simple citoyen. Et les autres devraient faire de même. Car le problème est suffisamment grave !

 






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