Caisse de dépôt du Québec et Clearstream Banking : aucun rapport…

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21 May 2009
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Fortuit, tout comme toute ressemblance entre des personnes et des situations. Il n’y a rien à voir entre l’attitude de la presse québécoise à l’égard de la Caisse de dépôt du Québec et l’attitude de la presse française à l’égard de Clearstream Banking et de Denis Robert !

caisse.jpgCaisse de dépôt du Québec et Clearstream Banking ne présentent aucune ressemblance si ce n'est fortuitement. On peut donc circuler, comme du Luxembourg aux îles Caïman ou au Vatican, fluidement. Il n'y a rien à voir.

 

 Impossible en France

Ici, en France, Yves Bertrand se désiste de sa plainte contre Le Point et contre l’informaticien Imad Lahoud à propos de l’affaire Clearstream-bis. Celle dans laquelle Nicolas Sarközy implique Dominique de Villepin. Yves Bertrand, ancien dir-gen’ des RG, jette l’éponge.
Là, au Québec, la Caisse de dépôt du Québec jette l’éponge et renonce à exiger plus longtemps le retrait du livre de Mario Pelletier, ancien journaliste du Devoir, La Caisse dans tous ses états, l’histoire mouvementée de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
L’attitude de la presse québécoise n’a pas du tout été similaire et ressemblante avec l’attitude de la presse française (Laurent Mouchard, de Libération, ou Ph. Lav-Clearstream plus blanc, de Radio France désormais, pour n’en citer que deux…) à l’égard de Denis Robert, journaliste et chroniqueur de Siné Hebdo, poursuivi pour diffamation par la caisse de compensation luxembourgeoise Clearstream Banking.

L’attitude de la justice québécoise a cependant vaguement à voir avec celle de la justice française qui a relaxé ou condamné Denis Robert.
L’attitude de Clearstream Banking, qui a voulu aussi jeter l’éponge, tout comme la Caisse de dépôt du Québec, présente quelque vague ressemblance.
Mais comme on le sait, Denis Robert s’est porté, grâce au soutien de son comité animé par Remi Malingrëy (dessinateur de Siné Hebdo, entre autres), en cassation, entendant bien obtenir un jour un nouveau jugement sur le fond.

 La Caisse réfute avoir minoré les actifs de VidéotronTendons vers l’objectivité. La Caisse de dépôt du Québec a informé le Vérificateur général, son autorité de tutelle, qu’elle réfute des allégations du livre de Mario Pelletier (un homonyme d’Alexis, du Franc-Parleur, dans les années 1870), et de Carte Blanche, son éditeur. Les allégations selon lesquelles « les données contenues aux résultats et états financiers de la Caisse font l'objet de manipulations comptables, affirme que plusieurs actifs, notamment Videotron, ont été dépréciés à la fin de 2002 de manière importante de façon à améliorer les résultats des années subséquentes, » seraient infondées. De plus, « alléguer que les états financiers de la Caisse peuvent être manipulés est non seulement faux mais

aussi de nature à porter gravement préjudice à l'intégrité de l'institution, de ses processus et de ses employés ainsi qu'à la confiance de ses partenaires et contreparties sur les marchés financiers. ».

Là, évidemment, il y a comme une trompeuse similarité. L’avocat de Charlie Hebdo et de Clearstream Banking avait considéré qu’écrire que la caisse de compensation luxembourgeoise servait aussi à faire transiter des fonds vers des paradis fiscaux était certes fondé, mais que c’était légal, tandis que Denis Robert, dans ses livres et articles, dénigrait son client. Et une cour française avait suivi, considérant que les arguments de Denis Robert, vrais ou faux, étaient de nature à porter gravement préjudice au client de l’avocat de Ph. Lav-Clearstream-plus-blanc, de Radio France actuellement.

 La diffamation, dans la presse, c’est l’inverse de la légion d’honneur au Canard

Au Canard enchaîné, la légion d’honneur, il ne faut pas s’exposer à être considéré digne de la recevoir. Dans la presse, la diffamation, c’est déshonorant de ne pas l’avoir risquée. Tout l’art consiste à être poursuivi, mais à bénéficier d’un non-lieu ou de voir l’adversaire débouté. Personnellement, j’estime avoir été un assez bon artiste, par exemple dans l’histoire de la vente du siège du Parti socialiste belfortain par l’Office des HLM, circa 1980, et je ne sais plus trop combien d’abandons de poursuites j’ai pu bénéficier. Soit de la part du Parquet, soit avec l’aide des conseils de la partie adverse ne voulant pas en aggraver la réputation, doit de la part de l’Instruction. Qui, pourtant, aurait parfois, en tout cas en France, selon celles et ceux qui critiquent le procureur Courroye (de transmission), divers magistrats instructeurs, tendance à se mettre du côté du manche.

Nous n’en croyons bien évidemment rien.

De même considérons-nous que l’attitude du gouverneur de la Banque de France envers Daniel Bouton ou la Société générale n’est absolument pas, forcément pas, de la mansuétude, ou du cinéma. Daniel Bouton et la SocGen sont irréprochables, aussi insoupçonnables que la femme de César, la justice l’établira sans aucun doute, tout est clair, limpide, formidablement réglementaire.

 Le Parti Québécois soutient Mario Pelletier

Si on a bien vu Ségolène Royal, en France, apporter un soutien verbal à Denis Robert, tout comme d’autres membres du PS, il n’y a aucune ressemblance avec l’attitude du PQ et de Véronique Hivon à l’égard d’Olivier Mario Pelletier et de Carte Blanche.

Petite digression. Pour me faire écrire « e/dite » et non point É/dite sur injonction de la maison d’édition É-dite, au prétexte que e/dite©® est une marque déposée, il faut vraiment se lever de bonne heure. Là, ce n’est pas encore l’aube et je suis particulièrement bien luné. Donc Carte Blanche. Comme sur la une de couv. du Pelletier, dis donc !

Or donc, Vénorique Hivon a interpellé vertement la ministre de la Justice Kathleen Weil et le gouvernement libéral. Laquelle Kathleen Weil a répondu : « les ministres de la Justice ne se prononcent pas sur des faits devant des parties. Ce sont aux juges d’agir en toute impartialité, de façon neutre… ». Fantastique, on croirait lire du Rachida Dati dans le texte. Ici, avec la garde des Sceaux, c’est comme là-bas, dis donc, comme au Québec !

Qui oserait ensuite prétendre que la justice de France aurait tendance à pencher du côté du manche ? Qui ? Pas moi, je n’ai rien à craindre de Nicolas Sarközy et qui pourrait croire qu’il aurait pu motiver le renvoi d’un cadre de TF1 qui s’adressait à sa députée et conseillère de Paris, qui pourrait croire que, dans l’affaire Natixis, il soit intervenu ? Qui ? Des noms, des noms !

 Une imputabilité sans la moindre faille

Au Québec, c’est comme en France. Le cumul des fonctions est rigoureusement banni, pas question, étant passé au gouvernement, d’aller pantoufler ailleurs, ou de faire l’avocat tout en restant président. La France se montre aussi rigide que l’a été la presse québécoise à l’égard d’Huguette Guilhaumon, ancienne et nouvelle présidente de Science Tech Inc. Tout le monde était persuadé qu’effectivement, Jean-Guy Rens, son époux et associé, avait fait une erreur de coupé-collé (une « erreur cléricale », en ministériel dans le texte québécois) en reprenant un vieux communiqué d’Apple. Le communiqué avait été diffusé sous la signature d’Huguette (dont la probité, j’en atteste, est encore plus insoupçonnable que celle de Pompéia, de même que l’intégrité de Jean-Guy, que je salue amicalement aussi au passage). La presse québécoise dans son ensemble, qui aime bien Huguette et Jean-Guy à la ville et côté jardin, s’est montrée aussi impitoyable côté cour envers la dircom’ du ministre conservateur Laurence Cannon. Le Bloc québécois a été, à l’égard de l’ancienne attachée de presse d’Apple, furibond. « C'est inadmissible, quand on prend une tâche, on doit démissionner. C'est le sens de la loi, » a tonné Gilles Duceppe. La loi d’imputabilité est dure, sed lex pour tout le monde. Personne n’est en pantoufles, mais chacun a tous ses boutons de guêtres nickel pour fustiger, en France comme au Québec, le mélange des genres !

Pour ma part, j’ai toujours considéré qu’Huguette s’était fourvoyée en politique et chez les conservateurs, mais comme je reste un journaliste français, je suis bien obligé de lui jeter aussi la pierre. En France, côté déontologie, on est comme au Québec. On a été impitoyables envers Pérol et Natixis, on n’a jamais flatté les banques, même quand nos titres étaient dans le rouge et qu’elles nous tenaient dans le creux de leur main. Regardez Marianne, titre financièrement indépendant, en bonne santé. D’aucun a eu beau le surnommer le Je suis partout du centre gauche, ce titre est insoupçonnable. C’est l’exemple même de l’attitude unanime de la presse française, du groupe La Voix de son Minc (dénomination à périmètre variable incluant généralement Le Point, Le Monde, Le Figaro, La Vie française, Le Journal des finances, le groupe Hachette, &c.). De Politis au Journal du dimanche, voire à Minute, on ne voit qu’une seule tête déontologique ! D’ailleurs, notre président, Nicolas Sarközy, en est le suprême garant, en nommant aussi au CSA des personnalités neutres de Chez Apolitique, autant que des magistrats québécois. C’est dire !

 France, mère de la liberté de la presse !

France, mère des arts, dont celui de risquer la diffamation, des armes et des lois, tu as nourri longtemps ta presse de ta mamelle et réchauffé Étienne Dolet à tes chaufferettes. Je vous parlerai plus tard du livre de Jean-François Lecompte sur L’Affaire Dolet, imprimeur-éditeur-libraire (donc journaliste à l’époque), « martyr de la liberté de pensée ». L’éditeur en est e/dite, et c’est en toute indépendance que je l’écris ainsi, pas du tout parce que je leur soumets le projet de la réédition, revue et augmentée, de mon Femmes & métiers du Livre. Qui oserait le penser ? Des noms, des noms ! J’écris aussi à l’occasion « Éditions Édite », comme sur leur site, que je signale en toute indépendance au passage.

Le renvoi d’ascenseur, le copinage ? Pas question. Je rencontre régulièrement Jean-François chez Pat’ & Lulu, restaurant surnommé Lulu & Tartiflette par des habitué·e·s, je ne vous en donne même pas le réel intitulé, je n’écrirai jamais où se trouve l’établissement de Patricia et Lucien (que je n’en salue pas moins amicalement au passage). Surnommons-le Chez Apolitique, et il se trouve du côté de Taurel (Eure). Je salue Jean-François de loin, c’est tout. On s’évite même à la table du juge Courroye. Si l’un est convié par cet amphytrion, l’autre ne vient pas, voila tout. En France, mélange-t-on les Darty et les Neuilly ? Cela rime, certes, mais si pauvrement… Et la bienveillance de Siné estimant que Jean Sarközy ira loin (« ce petit »), n’exclut pas la plus rigoureuse vigilance !

Qui pourrait croire que c’est parce que, le soir, seule la minuscule salle du haut bénéficie d’une mise en place ? Et que si vous étiez, chères lectrices, chers lecteurs, un peu trop à fréquenter le coin de la poste de Bonne-Nouvelle, je devrais faire la queue dehors, en compagnie des ami·e·s de l’agence Gamma, sous la pluie, pour trouver un coin de table ? Qui ? Des noms, des noms !

Même sous le ministère La-Val, du temps du Maréchal, la France est restée celle de Zola, tout le monde sait bien cela. Et ce n’est pas que nous y revoilà, c’est que c’est la France immémoriale !

On le sait bien, du temps du président Mitterrand, si d’aucun faisait savoir que la police surveillait l’école des enfants de l’éditeur de Jean-Édern Hallier, et le lui faisaient bien comprendre, c’était pour lui signaler que, en France, la liberté de penser et de publier, c’est une valeur autant fondamentale qu’une loi des Francs saliens. Et que quand on aime aussi tendrement ses enfants que François Mitterrand chérissait Mazarine, on veut qu’ils mûrissent aussi amplement informés que possible, par une presse libre, des maisons d’édition ne reculant devant rien pour leur permettre de se former librement leurs opinions.

 La Caisse dans tous ses états est de nouveau en librairie

Dans un premier temps, les éditions Carte Blanche, auxquelles je signale au passage que Femmes & métiers du Livre comporte des pages sur les conflits d’intérêts entre imprimeurs laïcs et imprimeries religieuses au Québec, ont estimé que la mise en étals de l’ouvrage de Mario Pelletier aurait été prématurée. Le lancement d’un livre, c’est une question de tempo. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Et c’est le 19 mai dernier, après avoir fait totalement fi des injonctions de la Caisse de dépôt, que l’ouvrage a été diffusé. Vous le trouverez certainement à Paris, à la librairie québécoise, du côté du quartier latin, dans l’avenue Gay Lussac (je peux l’écrire : elle est si vaste ! ce n’est pas comme si je vous disais, pour de basses raisons commerciales qu’il s’agit de la Librairie du Québec, ou quelque chose de vague et ressemblant de très loin). Olivier Mario Pelletier a fait savoir qu’il se refusait à se rétracter, point.

Commentaire du professeur de droit Pierre Trudet, de Montréal, à ce propos : « Au Québec, les gestionnaires des entreprises et des organismes publics ont la liberté de dépenser les biens de la collectivité pour entreprendre des poursuites contre ceux qui sont en désaccord avec leurs décisions ». C’était dans Le Devoir. Bon, les profs, cela exagère toujours pour se monter du col, tenter de faire vendre leurs propres livres par des moyens douteux et des outrances langagières que n’oseraient jamais utiliser des journalistes.

De mémoire, c’est un peu ce que Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg, ministre des Finances et du Trésor, a dit en substance : on ne présente pas le Luxembourg « comme une terre de criminels et de blanchisseurs d’argent » où de telles choses pourraient éventuellement se produire. D’ailleurs, il a laissé la justice et la presse luxembourgeoises décider souverainement des suites à donner aux livres de Denis Robert sur Clearstream Banking, il n’avait même pas à en connaître, tout comme, au Québec, Kathleen Weil, qu’on ne saurait accuser de simonie, fusse-t-elle de Weil. Les ministres, en France, au Luxembourg, au Québec, sont des consciences spirituelles, d’une très haute moralité et intégrité, comme les philosophes Simone Weil (†Ashford, 1943) ou Rachida Dati au parlement européen (j’anticipe à peine). Tout est dit, telle la messe, et on peut aller faire la sieste, confiants, sereins, en feuilletant quelques pages de Mario Pelletier ou de Denis Robert. Ces trucs sur les banques, c’est d’un rasoir, et d’ailleurs, on n’y comprend rien. Mieux vaut faire confiance à nos gouverneurs des banques centrales et à nos vérificateurs québécois, ou au président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Comme il l’a si bien déclaré, ce n’est pas du fait de la ligue nationale de balle au pied luxembourgeoise que l’Olympique de Marseille n’est pas devenu champion de France, « donc le Luxembourg n’est pas à l’origine de la crise financière internationale. ». Et c’est très certainement la Caisse de dépôt québécoise, Clearstream Banking, Natixis et la Société générale qui nous sortirons de cette ornière momentanée. On peut dormir sur nos deux oreilles. Un journal tel L’Alsace, détenu par le Crédit mutuel, saura nous dire ce qu’il convient d’en penser, en toute indépendance, tout comme la presse du Québec, du Luxembourg et de France. Parfois, quelques similitudes fortuites permettent de mieux comprendre que nous vivons vraiment dans le meilleur des mondes !



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Commentaires (4)add comment

Jef Tombeur a dit:

On peut aussi aller saluer l'artiste...
Par exemple voir une œuvre de Denis Robert sur
http://www.come4news.com/index...w&id=26941
 
Abus
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May 21, 2009 | url
Votes: +2

AgnesB a dit:

...
On salue aussi le journalite
 
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May 21, 2009
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yves a dit:

enfin ! quelqu'un qui s'intéresse à la plomberie.
wow ! merci pour votre article. Vous avez vu le site du comité de soutien a Robert ?
 
Abus
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May 22, 2009 | url
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Jef Tombeur a dit:

Le site du comité de soutien (pour Yves)
http://www.come4news.com/denis...e-w-939141
Vous devriez trouver le lien vers le site...
Une vue du t-shirt « travailler pour... travailler » devrait se trouver en bas de l'article.
Il sort en noir (motif en blanc).
 
Abus
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May 22, 2009
Votes: +0

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