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Quand un enfant se donne "la mort" de Boris Cyrulnik |
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| 31-10-2011 14:42 - 1083 visites - Flux Culture, Livres, Poésie - Ecrit par Julien - Lire son flux RSS | |
Un nouveau suicide chez un enfant de 11 ans m’interpelle à nouveau sur ce sujet douloureux et dont le tabou commence enfin à tomber. Regardez d’abord cet extrait Sur fond d'actualités, je suis à la fois ravi et peiné que ce livre traitant du suicide chez l’enfant paraisse.
Ravi, parce qu’il n’y a pas encore si longtemps, j’ai maintenu face à un psychologue qu’un enfant pouvait avoir des pensées suicidaires et passer à l’acte dans un appel au secours de son mal-être. Celui-ci me rétorquait fermement que « compte tenu de l’immaturité du psychisme de l’enfant, l’enfant pouvait ressentir la tristesse mais que la pulsion suicidaire était inexistante chez l’enfant, au pire elle pouvait être compensée par une dépression sévère mais jamais par une autolyse ». Forcément cambrés sur nos certitudes, moi en tant que néophyte, lui en tant que professionnel, vous vous doutez bien que les échanges étaient tendus à ce sujet. Et peiné car cet ouvrage confirme bien mes propos voire leur donne du poids. En effet, le suicide volontaire chez l’enfant existe bel et bien, mais ce qui est le plus triste il serait sous-estimé… Il est impossible d’imaginer le désastre familial d’un tel évènement quel que soit le membre de la famille concerné. La culpabilisation des proches, des amis, des professeurs… Cela me rappelle ma série de trois articles sur les souffrances constatées à l’école, complétée par l’étude récente où 10% de collégiens se sentiraient victimes de persécutions. Certes l’ouvrage nous annonce que les contextes majoritaires sont les situations de séparation, de divorce, de violences conjugales, mais n’oublions pas les causes diverses.
Ce triste bilan, nous ramène à une réalité : l’enfant, bien qu’immature sur la gestion de la vie en général, est bien doté d’un psychisme extrêmement fragile et qu’il est sujet tout comme un adulte à des dépressions, des angoisses et ressent les événements de la société. Peut être d’une manière différentes, mais la société les inquiètes, les comportements de société leur font peur. La preuve :
N’avons-nous jamais eu durant notre enfance un éclair de volonté « d’en finir » avec nos ennuis et de chercher une échappatoire définitive ?
Pourquoi cette pensée est devenue tabou à l’âge adulte ? Peut être parce que l’on considère que tant qu’il ne manifeste aucun signe manifeste de comportement anormal, l’enfant est de facto heureux, insouciant et sans problèmes. Peut-être que l’adulte veut conserver l’idée que dans la vie il y aurait une époque d’insouciance. Peut-être aussi un mécanisme de défense psychologique pour nier que l’on a eu des pensées noires qui mèneraient à l’irréparable. Pourtant cet enfant de 11 ans, a été apparemment décrit comme sans histoires, « normal et victime d’un coup de folie ». Peut être, peut être pas. Peut être que tout simplement la réprimande de ses parents étaient peut être la goutte d’eau en trop dans le vase dans lequel coulaient les gouttes d’autres soucis secrets ? Beaucoup de « peut-être » au final, on ne sera jamais sûr…
Une chose est sûre, la sensibilisation est la première étape pour anticiper…
Commentaires (4)
sheli a dit:Julien a dit:
eleina a dit:
Julien a dit:
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10 juin
Boris Cyrulnik, dans son ouvrage a su aborder ce sujet délicat. Parfois de façon crue, parfois plus poétique, il nous explique avec pédagogie comment ce que parfois on a jugé comme les conséquences du « jeu du foulard » peuvent parfois être la résultante d’un mal-être. Il n’y a pas de solutions miracles. L’auteur ne se pose pas en sauveur en ayant réponse à tout, mais il nous apporte une lueur de compréhension dans l’obscurité d’une dimension que l’on a délaissée, ou du moins évitée par peur de l’inconnu… 