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Baisse des allocations familiales : Morano se moque du monde |
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| 18-04-2008 13:35 - 2123 visites - Flux Politique - Ecrit par Olivier Bonnet - Lire son flux RSS | |
C'est Le Monde qui le révèle dans son édition de 16 avril. Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, commence par nier mercredi matin l'existence du projet : "Il se trouve que j'ai eu un échange avec Mme Morano (la secrétaire d'Etat à la Famille, NdA) ce matin sur ce sujet, qui m'a indiqué que rien n'était prévu en la matière". Un peu plus tard, devant les caméras de l'émission N'ayons pas peur des mots d'iTélé, c'est Dominique Paillé, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, qui dément à son tour, ajoutant une charge contre le quotidien du soir, coupable à ses yeux d'avoir annoncé une fausse nouvelle. Nadine Morano est donc invitée au 20 heures de France 2, après que Matignon a entretemps confirmé que le décret serait bien promulgué, pour entrer en vigueur dès le 1er mai. Jusqu'alors, lorsque votre deuxième enfant atteignait l'âge de 11 ans, les allocations étaient majorées de 33 euros, puis de 60 à l'âge de 16 ans. Le décret remplace ces deux majorations par une seule, de 60 euros, à l'âge de 14 ans. Il ne faut pas sortir de Polytechnique pour faire le calcul suivant : 33 + 60 = 93 euros, 60 + 0 = 60. Donc le décret implique une baisse de 33 euros par mois, qui équivaut à 600 euros par enfant de moins perçus, en cumul, pour les 4,5 millions de familles concernées. La secrétaire d'Etat à la Famille va s'ingénier, durant toute son intervention, à nier cette évidence, se livrant à un hallucinant numéro de foutage de gueule. Que répond-elle en effet à David Pujadas, qui lui demande "pourquoi le gouvernement souhaite-t-il diminuer les allocations familiales" ? "Non, il ne souhaite pas diminuer le montant des allocations familiales". Le mensonge est énorme. "C'est à quoi ce décret aboutirait", relève le journaliste de France 2. "Ce débat a eu lieu au cours du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, à l'automne dernier, au mois d'octobre, noie-t-elle le poisson, et donc ça a fait l'objet d'un débat parlementaire." Digression hors-sujet. "De quoi s'agit-il ?, poursuit-elle.
Il y a une majoration des allocations familiales à l'âge de 11 ans, de 33 euros, et une autre à l'âge de 16 ans. Les études menées par l'INSEE et également la Cour des comptes a estimé (sic) qu'il était nécessaire de mettre un rééquilibrage à l'âge de 14 ans parce que c'est l'âge pivot, où c'est vrai que l'enfant commence à coûter beaucoup plus cher". "Mais globalement, ça revient à diminuer le montant versé", la coupe Pujadas, insistant. "Non, Elle omet juste de préciser que les 33 euros de majoration à 11 ans sont supprimés ! "Oui mais globalement, revient à la charge le présentateur du 20 heures, les calculs, ceux de l'UNAF (Union nationale des associations familiales, NdA) notamment, font état d'une baisse globale de l'argent versé qui serait entre 138 millions et 250 millions en année pleine". "Ecoutez, j'ai rencontré les associations familiales, nous en avons discuté, ce n'était pas du tout un point de blocage", ose la secrétaire d'Etat. "Vous les avez entendues, là !", la coupe Pujadas. L'interview était en effet précédée d'un sujet dans lequel intervenait Laurent Clévenot, secrétaire général de l'UNAF, qui déclarait : "nous ne sommes pas contents, c'est encore un moins pour les familles". Morano ignore superbement l'interruption du journaliste pour poursuivre : "Ce que souhaitent les associations familiales, c'est un redéploiement de cet argent. Alors ce qu'il faut savoir, c'est qu'à partir aussi du 1er mai, nous aurons un complément de mode de garde, pour les parents qui choisissent de faire garder leurs enfants par les assistantes maternelles. C'est 50 euros de plus par mois, c'est 600 euros de plus à l'année, c'est un budget de 40 millions d'euros, et l'engagement du Président de la République, il est très ferme : il est de dire "nous devons apporter aux familles de nouveaux modes de garde". C'est le droit opposable à la garde d'enfant pour lequel nous avons travaillé, qui va coûter plus d'un milliard d'euros", termine-t-elle, affichant un insupportable sourire de contentement d'elle-même. "En donnant plus !", persiste la menteuse Pujadas reprend la parole : "alors ce que vous nous dites, c'est : on prend un peu d'argent dans les allocations familiales qui seront un peu moins importantes et on le donne pour les droits de garde des enfants." "On rééquilibre les allocations familiales à l'âge pivot de 14 ans, répète Morano, sans doute persuadée que l'usage pour la quatrième fois de ce verbe va camoufler la baisse des versements. "Ça a été vraiment demandé à la fois par toutes les études..." "On rééquilibre en donnant un peu moins", coupe le journaliste. "En donnant plus, dément-elle avec un culot monstre, puisqu'à l'âge de 14 ans on donne 60 euros, on ne les donnait qu'à l'âge de 16 ans". "Mais globalement, on a compris que ça faisait moins", insiste un Pujadas décidément pugnace. "Il n'y a pas de majoration à l'âge de 11 ans, concède enfin la secrétaire d'Etat, mais en même temps, nous redéployons en terme de politique familiale les aides aux parents, aux familles, pour le droit de garde des enfants." "D'accord, convient le présentateur, mais ce redéploiement n'a pas encore été annoncé, Nadine Morano. Est-ce que ce n'est pas un replâtrage en dernière minute face à cette nouvelle polémique sur les familles ?" Elle répond que ce projet avait été évoqué par Xavier Bertrand, ministre du Travail, durant le débat sur la loi de finances de la Sécu. Pujadas fait observer que les associations familiales n'avaient pas l'air au courant et Morano le contredit. "Ecoutez, on les a interrogées aujourd'hui et vous les avez entendues !", proteste-t-il. Il n'est pire sourd qui ne veut entendre et elle explique avoir reçu le président de l'UNAF dans son bureau : "nous en avons discuté, il n'était pas favorable à la mesure mais il n'y avait pas de point de blocage, parce qu'il voulait un redéploiement des fonds au service des familles. C'est exactement ce que nous allons faire." Exactement ? En retirant d'une main 138 millions d'euros pour n'en remettre que 40 de l'autre ? Le compte n'y est pas, madame sans-gêne ! Même mensonge dans le communiqué des services du Premier ministre : "Il ne s'agit en aucun cas pour l'Etat de faire des économies sur les dépenses de la branche famille. L'argent récupéré grâce à cette réforme servira à financer d'autres mesures en faveur des familles, et notamment la garde des jeunes enfants." En aucun cas ? Et les 98 millions qui restent quand on soustrait 40 de 138 ? Nos gouvernants nous prennent vraiment pour des imbéciles. Et une autre énormité !
Commentaires (2)
Réaction Pascal a dit:
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