Glenn Spencer n'est pas un inconnu. Il avait déjà présenté aux députés du Congrés des Etats-unis une vidéo tournée dans le désert du Nouveau-Mexique et présentant des soi-disant “Tapis de prière” abandonnés dans le désert par des clandestins : sous-entendu, des musulmans (et donc terroristes) profitent des filières d'immigration illégale pour se faufiler dans notre beau pays, il faut vite armer une milice anti-clandestins pour nous protéger.
Malheureusement pour Glenn, un examen attentif de la vidéo avait montré qu'il s'agissait en fait de couvertures et de baches plastique… et un membre de la milice de Glenn avait plus tard avoué que les “tapis de prière” exhibés devant les députés terrorisés avaient en fait été apportés par Glenn lui-même, il s'agissait de simples tapis “orientaux” achetés dans un bazar…
Aux Etats-Unis, le flicage aux frontières ouvert aux internautes
[Arnaud Devillard, 01net., le 11/04/2008]
Depuis le 25 mars, l'émission de France Inter Là-bas si j'y suis, animée par Daniel Mermet, diffuse par épisodes un long reportage sur les migrants mexicains vers les Etats-Unis. L'épisode du 4 avril était consacré à Glenn Spencer. Personnage haut en couleurs, abreuvé de théorie du complot et de paranoïa, Glenn Spencer pourrait faire sourire s'il ne déployait pas une suractivité inquiétante dans la lutte contre les clandestins (sans parler de son discours aux nets relents xénophobes).
En 2002, il fonde American Border Patrol (ABP), une organisation de volontaires qui se charge de recenser (à coup de relevés d'empreintes, d'indices sur le terrain et de surveillance sur place ou en vidéos) les passages clandestins aux frontières et d'avertir les autorités, un peu trop molles à son goût.
Mais la grande oeuvre de Glenn Spencer s'appelle VirtualVigilance.org, un projet initié en 2005 utilisant Internet et des internautes volontaires. L'ABP a installé le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, dans l'Arizona, des caméras qui peuvent être actionnées par les internautes depuis chez eux, sur inscription. Il leur suffit de remplir un formulaire en ligne, sur Virtualvolunteers.net. Ensuite, pour des sessions de trente minutes, chacun peut actionner à distance l'une de ces caméras : à gauche, à droite, en haut, en bas, zoom, mise au point… Passé les trente minutes autorisées, un autre internaute prend le relais.
Le système fonctionne à partir d'une connexion à 512 kbit/s. Evidemment, il ne s'agit pas seulement de regarder. Les internautes sont invités à signaler à l'ABP les immigrations clandestines, où, quand, comment, combien de personnes. Glenn Spencer espère ainsi bâtir à terme une grande chaîne mondiale de la surveillance bénévole aux frontières, pour que vive une Amérique plus belle, plus pure, plus forte.
http://www.01net.com/editorial/377907/aux-etats-unis-le-flicage-aux-frontieres-ouvert-
[La Presse Canadienne - Jim Bronskill - 10/04/2008 ]
Les Canadiens ne devraient pas craindre le partage international de renseignements biométriques comme les empreintes digitales, croit le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Michael Chertoff.
Selon lui, les empreintes digitales sont comme les traces de pas: elles ne sont pas vraiment privées, parce qu'on peut les trouver sur différents articles partout à travers le monde.
Le Canada travaille en collaboration avec les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni à élaborer un échange systématique de données biométriques, soit des identifiants uniques comme les empreintes digitales, l'image faciale et le balayage de l'iris.
Les quatre pays ont accepté d'échanger des données afin d'améliorer les contrôles frontaliers et d'immigration d'ici 2009. Ils espèrent trouver une façon de partager ces données à l'aide de programmes électroniques de correspondance d'ici 2010.
Dans le cadre d'une rencontre internationale le mois prochain, le FBI prévoit dévoiler les détails d'un projet baptisé «Server in the Sky» (serveur aérien), qui permettrait aux quatre pays de comparer les données biométriques de personnes coupables ou soupçonnées de terrorisme.
Ce concept inquiète, puisqu'il pourrait signaler la fin des méthodes traditionnelles d'utilisation et de partage des renseignements sur la sécurité, croit Roch Tassé, de la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles.
M. Chertoff a pour sa part affirmé que le partage des empreintes digitales, qui peuvent difficilement être imitées, aide à protéger la vie privée, puisqu'il permet d'empêcher le vol d'identité. Selon lui, le partage des données ne constitue pas une menace, mais plutôt la meilleure protection possible de la vie privée.
http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2008/04/20080410-082724.htm