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Algérie Egypte : Match sous haute tension |
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| 18-11-2009 18:00 - 3265 visites - Flux Sports - Ecrit par Rahmouna Ouardigh - Lire son flux RSS | |
Les autorités ont
déployé 15.000 policiers prêts à intervenir avant, de l'étranger dont plusieurs
disent être prêts à en découdre après les violences la semaine dernière.
Le 12 novembre, le
bus de la sélection algérienne a été "caillassé" peu après son
arrivée au Caire, et trois joueurs algériens ont été blessés. Deux jours plus
tard, l'Egypte a battu l'Algérie 2-0, arrachant in extremis un match d'appui.
Des violences sont survenues à Alger, en Egypte et en France dans la foulée de
la victoire des "Pharaons".
Le duel entre les
rivaux nord-africains a lieu au stade al-Merreikh d'Omdurman, ville jumelle de
Khartoum, qui a une capacité de 41.000 places, mais les autorités ont limité à
35.000 le nombre des spectateurs pour des raisons de sécurité.
Les ambassades
égyptienne et algérienne ont distribué chacune 9.000 billets à leurs
ressortissants dont la majorité est arrivée sur des vols offerts gratuitement
ou à des prix bradés.
"Une équipe
médicale formée de 400 personnes et disposant de 120 ambulances sera déployée
au stade", a indiqué Hassan Abdelaziz, le chef du comité médical pour le
match.
L'Etat de Khartoum, grande région englobant
la périphérie de la capitale, a décrété la fermeture des écoles et la fin de la
journée de travail à 13H00 afin de limiter la circulation au moment où les
supporters se dirigeront vers le stade.
Plusieurs ambassades ont demandé à leurs
ressortissants et exigé de leurs employés de ne pas quitter leur maison à leur
retour du travail par crainte de dérapages.
La pression est remontée d'un cran avec les
propos mardi soir du président de la Fédération algérienne de football, Mohamed
Raouraoua, qui a accusé son homologue égyptien Samir Zaher d'être "à
l'origine" des violences survenues au Caire.
Un important religieux musulman, cheikh
Youssef Qardaoui, d'origine égyptienne, a lancé un appel au calme, en estimant
que le football "n'est qu'un jeu".
Des incidents fâcheux pourraient survenir en
Egypte, en Algérie et même en France à l'issue de ce match.
Quelque 650 policiers seront déployés à
Marseille pour empêcher le renouvellement des incidents qui avaient suivi le
match de samedi. Des commerces avaient été atteints par des projectiles dans le
centre-ville.
Le foot
cède place au conflit politique
La
confrontation s'est déplacée vers le terrain politique. Les récits des blessés,
largement relayés par la presse, ont excité la colère de leurs compatriotes.
Une rumeur annonçant la mort de six supporteurs, mais démentie par les
autorités, a fait le reste pour pousser des milliers de jeunes à s'attaquer aux
intérêts et parfois aux ressortissants égyptiens. Lundi, les locaux d'Egypt Air
dans le centre d'Alger et ceux de l'opérateur de téléphonie mobile Orascom ont
été saccagés. Des cadres de cette entreprise ont été molestés dans un
restaurant. En province, des abonnés ont résilié leur contrat, suivant un mot
d'ordre de boycottage lancé sur Internet.
Dans la
ferveur nationaliste qui entoure le Onze national, le mythe de la «fraternité
arabe» a volé en éclats, et la religion, si pesante dans la société, semble
reculer. À Alger comme en province, des centaines de jeunes filles portant haut
l'emblème national ont investi l'espace public pour prendre part aux défilés.
Samedi, la télévision algérienne n'a pas osé interrompre la retransmission du
match pour diffuser l'incontournable appel à la prière du soir. Dans d'autres circonstances,
cette «hérésie» aurait soulevé le courroux des islamistes.
Surpris par
l'ampleur de la mobilisation, qui risque à tout moment de virer à la
contestation du régime, le gouvernement avance sur la pointe des pieds. Après
avoir toléré les cortèges dans les rues d'Alger, où les manifestations sont
pourtant interdites depuis huit ans, il décide de mettre en place un véritable
pont aérien vers Khartoum et de financer les billets d'avion. Plusieurs
officiels, dont, semble-t-il, Saïd Bouteflika, le frère du président, sont déjà
dans la capitale soudanaise. Seul bémol, les 9 000 billets d'accès au
stade concédés par la Fifa s'avèrent insuffisants pour satisfaire les centaines
de milliers de demandes. Pour éviter les débordements, un important cordon policier
filtre, depuis lundi, l'accès à l'aéroport, empêchant les supporteurs non munis
de billets d'y accéder.
Dans une
ambiance électrique, propice à la surenchère et à de nouveaux dérapages à
l'issue du match, les voix de la raison commencent toutefois à se faire
entendre. Comme celle des éditeurs de la presse écrite qui ont appelé, mardi,
au respect des Égyptiens résidant en Algérie et à la protection de leurs biens.
Mais,
au Caire, la presse indépendante reste vindicative contre son homologue
algérienne qu'elle accuse d'avoir jeté de l'huile sur le feu en relayant les
rumeurs sur la mort et le viol de supporteurs(trices) algérien(nes). Selon un
responsable d'Orascom cité par les médias, 2 000 Égyptiens sont cloîtrés
chez eux à Alger. Plusieurs journaux d'opposition parlent d'une crise
diplomatique qui pourrait se prolonger quel que soit le vainqueur.
L'Algérie n'a plus participé à un Mondial
depuis 1986, l'Egypte depuis 1990. La rivalité souvent houleuse entre ces deux
pays phares du football africain et arabe n'est pas nouvelle. En 1989, un match
de qualification avait dégénéré en émeutes.
Commentaires (3)
christiansel a dit:
hadj belakhdar a dit:Ecrivez un commentaire
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