Un banal fait divers

Mort en prison à 19 ans
Il avait 19 ans et on l’a trouvé mort sur le sol dans sa cellule. On ne sait pas très bien comment il est mort, il aurait reçu des coups, une blessure à la pommette, une autre au cou et une cote cassée, et on suppose qu’il a été étouffé par un sac plastique scotché sur sa tête qui vous empêche de respirer, vous savez ce genre scène que l’on voit sur des règlements de comptes entre bandes rivales présentés dans des films dans les magasines de télé pour des polars avec trois 7 !
Un vrai banal fait divers, je vous dis, comme malheureusement beaucoup d’autres dont on ne parle pas.
Je suis tombé dessus par hasard, et ce que j’ai lu m’a bouleversé.
Je ne sais pourquoi, je n’étais pas choqué autant les autres fois par ce drame des jeunes qui se donnent la mort, mais là, je veux témoigner.
Alors j’ai cherché dans la presse des informations pour compléter celles que j’avais, pour comprendre, analyser, et je n’ai pas trouvé grand chose.
Il s’appelait Jérémy Martinez, et il est mort à la prison de Valence le jour de mes 79 ans.
Au début, l’administration a cru à un suicide, c’est tellement facile, un voyou plusieurs fois condamné, il avait commencé sa vie d’adolescent en prison, une enfance entre deux familles, ce qui de nos jours est banal, et dans cette adolescence il côtoyait la petite délinquance. Il avait une bonne tête, un air attachant qui avait séduit sa famille d’accueil ou il avait été placé, ainsi que des jeunes filles, et aussi le propriétaire d’un restaurant ou il apprenait le métier de serveur.
Sa première fugue à dix ans, puis d’autres ont suivi, à 15 ans dans un squat avec des copains, les premiers larcins et les fréquentations des tribunaux pour enfants. Dégradations, chèques volés, vols de téléphones portables, de voitures et autres larcins. Son ultime coup dans un bureau de tabac et puis ses sursis sont tombés, il a été condamné à un an de prison, et il purgeait sa peine à la maison d’arrêt de Valence, que le mot est triste, il sent la guillotine.
Une vie qui commence mal, sans guides, livrés à eux mêmes avec les copains, on parle, on rigole, on est entre nous, l’éducation c’est le plus âgé qui l’a donne, à 10 ans on suit sans savoir que faire, au début on s’amuse, les premiers larcins on est content, et puis on continue sans penser à rien, la tête vide, à 10 ans ! Les parents ne sont pas ou plus écoutés, la bande ou l’on se sent bien pense pour tous, et l’on grandit dans cette atmosphère de délinquance, à la télé des gens qui parlent ont une situation, ils sont reconnus, ils sont honorés, et comme impuissants devant cette société, on se laisse aller comme beaucoup d’autres adolescents. La vie des gars de banlieues en quelque sorte que l’école n’a pas su éduquer, la vie vue de l’autre coté, celui que l’on ne veut pas voir, on se sentirait coupable. On est arrêté, on se révolte, on ne comprend pas que l’on ne comprenne pas que l’on est un pauvre garçon et que seul dans la vie, devant ces juges on baisse la tête acceptant la sanction des hommes qui n’ont rien fait pour moi, et qui me condamnent pour me punir de cette dérive, eux qui ont eu ce qu’il fallait pour suivre le droit chemin, et pas moi. On sent l’injustice de notre société trop conformiste qui ne comprend pas que tous n’avons pas le même cerveau et que chacun réagit, comme il peut, avec le temps qu’il faut pour comprendre.
Dans cet établissement deux jeunes détenus ont tenté de mettre fin à leur vie par pendaison le 31 mars et le 1er avril, et ce n’est pas un poisson, dommage.
Il avait demandé de l’assistance, et il avait rédigé une lettre au juge pour enfants ou il demandait à être suivi après sa majorité, il voulait être «encadré» assure sa grand mère Philomène. Ce n’était donc pas un si mauvais garçon, il se rendait compte de son état.
Enfermé depuis trois mois, c’est son codétenu qui a appelé à l’aide en criant il s’est tué, il s’est tué.
Un garçon de 19 ans lui aussi impulsif, un colosse, condamné pour une tentative de meurtre par le feu sur une personne handicapée, c’était un malade assure l’aumônier de la prison. il était incapable de rester assis, tout le monde savait qu’il y avait un souci avec ce garçon, j’avais dit au médecin qu’il fallait le soigner, le mettre à part. Il n’avait pas sa place en prison surtout à coté d’un jeune fragile qui regrettait ses actes
Nous touchons du doigt à la surpopulation des prisons, ainsi qu’à l’irresponsabilité des respnsables, ou sont mélangés faute de place probablement mais aussi par négligence, des enfants, rien n’est parfait, voire des personnes avec des malades mentaux incontrôlables, la misère intellectuelle conduit à la misère matérielle.
Nous ne savons résoudre ce problème, et la solution que nous appliquons, la prison, n’apporte rien que de la misère. C’est pourquoi j’ai soutenu Ségolène Royal quand elle avait annoncé la mise en place de centres éducatifs à discipline militaire. Ces hommes savent très bien faire pour remettre dans un bon chemin ces enfants délinquants.
L’une des plus grande faute de Jacques Chirac a été la suppression du service actif, bien qu’injuste puisque l’on pouvait s’en soustraire il avait l’avantage de redresser beaucouop de jeunes paumés, et puis, apporter un peu de soi à son pays montre ce qu’est la reconnaissance.
Le directeur de la prison à prévenu la mère de Jérémy qui a de suite rejeté la thèse du suicide, sa grand mère aussi, toutes deux avaient vu leur fils et petit fils quelques jours plus tôt lors de leur visite mensuelle, et il y avait aussi la s?ur Amandine.
Ce samedi premier mars, Jérémy avait l’air angoissé, terrorisé rapporte sa grand mère Philomène. Il avait une marque sous l’?il et des traces de coups sur la main. Il avait aussi des difficultés à se tenir debout et à bouger son bras droit, et il a montré ses plaies sous son tee-shirt à sa s?ur.
Elles n’ont pas reconnu l’enfant qui, quelques jours auparavant, faisait preuve d’une force de caractère, prenant conscience de son état, « je l’ai bien mérité, je vais prendre du plomb dans la tête » écrivait t’il à ses parents dans des lettres pleines de fautes d’orthographe, je vous aime papy et mamie.
Les trois femmes ont voulu alerter les surveillants, on ne les a pas écoutées, s’il fallait écouter tout le monde on n’en sortirait pas, lorsque le garde est venu les chercher, nous lui avons dit qu’il fallait un médecin pour Jérémy relate Philomène Martinez dans une lettre ouverte. Nous lui avons fait remarquer ses blessures et qu’il ne fallait pas le remettre dans sa cellule. Le gardien n’a pas répondu, il s’est adressé à Jérémy tout doucement, et je n’ai pu comprendre ce qu’il disait.
Selon Madame Martinez une autre surveillante aurait indiqué qu’il fallait faire un petit mot si le jeune homme voulait voir un médecin et que l’infirmerie était fermée à ce moment là. Le week-end le dispositif médical est réduit.
Et voila comment meurt un enfant de 19 ans lorsque rien ne va, un malade mental dans sa cellule, une prison surchargée, il faut écrire pour être pris en compte, et une infirmerie fermée. C’est tout simple est c’est désolant. Le pire c’est que personne n’est responsable, si c’est son compagnon de cellule comment le condamner puisqu’il paraît irresponsable, qui d’autres alors ?
Que faire pour que cela ne se reproduise pas, changer de politique, je ne vois rien d’autre, si vous savez dites le moi, mais encore il faut du temps pour modifier les choses. Rachida Dati doit se rendre le 07 /04 à la prison de Valence, que peut t’elle faire ?
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