14 Mar 2008
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51 - Il est des Ritals qui furent de Grands Français.

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Lazare Pontichelli le dernier poilu est mort

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drapeau_012.1205436213.gifitalie.1205442547.GIFUn italien tout simple avec un destin national, le dernier vivant de la drôle de guerre qui a fait dix millions de morts dont 1,4 millions de Français dans ces tranchées sous les bombes ennemies il a survécu. Mais c’est aussi la mémoire de cette guerre ou, 8,5 millions de Français furent mobilisés, et combien d’italiens, d’allemands d’autrichiens et des autres, je ne peux tous les citer, qui disparaît.
Combattant à la fois en France et en Italie, il symbolise, outre la mémoire, mais aussi la souffrance de ces hommes qui ont donnés leur vie pour leur patrie.
Ils se sont battus souvent en se demandant pourquoi, mais il fallait obéir sans cela c’était le peloton d’exécution. Cette guerre 18-18 fut une vraie boucherie
Mort à l’âge de 110 ans, il aura des obsèques nationales aux invalides non essentiellement pour lui mais pour tous ces combattants de la «Grande Guerre» que mon père ancien combattant aussi, et grenadier puis serveur au canon sur le Piave contre les autrichiens appelaient aussi la «der des der».

Il avait refusé les obsèques nationales ces paroles avaient été :

“Je refuse ces obsèques nationales. Ce n’est pas juste d’attendre le dernier poilu. C’est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu’ils méritaient. On n’a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant… Même un petit geste aurait suffi.”

A ses yeux le travail de mémoire arrive “trop tard, on s’en est foutu un peu. Il a fallu que ce soit Chirac qui commence à bouger quand on n’était plus nombreux et qu’on était fatigués.”

puis il les avaient acceptées au décès de l’avant dernier poilu Louis de Casanave.

Le 23 janvier 2008 il fixe ses conditions : que celles-ci soient simples, dédiées à tous les morts de la Première Guerre mondiale.

Il refuse le Panthéon et souhaite être enterré auprès des siens

C’est notre dernier héros qui est parti, la boucle est fermée, le premier est à l’Arc de Triomphe et lui sera enterré dans sa famille

L’hommage du président de la république publié dans un communiqué est le suivant :

j'exprime aujourd'hui la profonde émotion et l'infinie tristesse de l'ensemble de la nation alors que disparait Lazare Ponticelli, dernier survivant des combattants Français de la Première guerre mondiale. (…) Je salue l'enfant italien venu à Paris pour gagner sa vie et qui choisit de devenir Français, une première fois en août 1914, lorsque, trichant sur son âge, il s'engagea à 16 ans dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption. Une deuxième fois en 1921, lorsqu'il décida de s'y établir définitivement.

Quel est ce regain politique qui fait honorer cet homme à ce point alors qu’italien, n’y avait t-il pas de Français de souche qui pouvaient recevoir cet honneur, certes, je m’en réjouis mais les Invalides, le Panthéon je ne comprends pas.Le monde a bien changé, il y a une italienne à l’Elysée et il y aurait Lazare Pontichelli au Panthéon s’il n’avait pas refusé. Invraisemblable, non pas que cet homme, par son amoUr de la France, qui lui a donné à manger ne méritait pas d’être reconnu, mais combien d’autres aussi, comme mon père, à qui ont a retiré la maigre pension d’ancien combattant pour faire des économies et qui avaient été traités de sales Ritals.

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Il a encore le regard affirmé, attentif, une force s’en dégage. Lazare Pontichelli, né Lazarro Pontichelli le 07 décembre 1897 dans le hameau Gruppo Ducale à Bettola petite ville dans la Province de Plaisance en Emilie-Romagne en Italie, décédé le 12 mars 2008 au Kemlin Bicerte dans le Val de Marne.
Lazare Pontichelli vivait à Cordani dans un village de montagnes d’une famille très pauvre de 7 enfants, comme beaucoup de famille de cette époque, mon père avait 5 frères. Et comme lui, il vient en France dès la fin de la guerre de 14-18 pour fuir la misère et le régime fasciste.
Ces hommes ont eu une vie de souffrance, et ces italiens comme mon père, naturalisés Français en 1939 avant la déclaration de guerre prenant le risque de repartir au front sous le drapeau Français combattre ses frères italiens pour la France.
Il partit en zone libre pour ne pas être réquisitionné en STO nous laissant seuls ma mère et moi

Sales Ritals que nous étions. nous n’étions plus italiens et pas encore Français. Je me souviens lors de la distribution des masques à gaz, j’ai eu un masque mais pas mes parents, mais tous les Français en ont eus, alors que nous aussi étions Français.
Ce sont des choses que l’on ne peut oublier, et je comprends Lazare Pontichelli quand il dit, que ce n’est pas juste, c’est un affront à tous les autres morts sans avoir reçu l’honneur qu’ils méritaient, mais le pire c’est cette haine injuste vous fait encore plus de mal quand on vous traitait de
sale Rital.

Je suis heureux qu’un italien soit honoré pour tous les autres qui n’ont pas eu cette chance de vivre si longtemps, et si mon père était encore en vie, il serait heureux, lui Giovanni.
Je ne parlerais pas de la vie de mon père qui fut une vie de travail d’un maçon comme beaucoup d’italiens venus en France manger le pain des Français.

Lazare Pontichelli, venu sans papier, un sans le sous, un tout petit gars, un enfant de 9 ans fuyant son pays natal ou on crevait le dalle

Arrivant à Paris à la gare de Lyon ne sachant pas un mot de Français, ne sachant, ni lire, ni écrire. Il erre trois jours dans la gare et il est recueilli par une famille italienne qui le prend en charge pendant quelques mois.

Il devient ramoneur et crieur de journaux. A la déclaration de guerre, trichant sur son âge, il est engagé au premier régiment de marche de la légion étrangère de Sidi Bel Abbes.
J’ai voulu défendre la France parce qu’elle m’avait donné à manger, explique Lazare.
Après un mois d’instruction, il est envoyé au front, sous les ordres d’un descendant de Garibaldi.

Son premier fait d’armes est d’avoir blessé un général au mollet. Son régiment perd un quart de ses effectifs en trois semaines.
Au début, nous savions à peine nous battre et nous n’avions presque pas de munitions. Chaque fois que l’un d’entre nous mourait, on se taisait et on attendait son tour.

En 1915, se battant du coté de Verdun, lorsque l’Italie se range du coté de la France, le 24 mai, un officier le fait chercher dans les tranchées et lui déclare : tous les italiens doivent rentrer chez eux. Lazare répond, je pensais que me battant pour la France, j’étais Français.

Il est démobilisé de force, rentre à Paris, et finalement il est tranféré entre deux gendarmes à Turin. Il intègre les chasseurs alpins et se retrouve dans le Tyrol enterré dans la neige face aux lignes autrichiennes. En 1916, il est envoyé sur “il monte Cucco” qui sera le théâtre d’une terrible bataille l’année suivante.

Ses faits d’armes valent à Lazare une citation, mais également un dégoût absolu de cette guerre. Je tire sur toi mais je ne te connais même pas. Si seulement tu m’avais fait du mal.

En 1920, l’armée Italienne souhaite le démobiliser, il refuse, il veut l’être sous l’uniforme Français, il lui faut à nouveau se battre contre l’administration, finalement il obtient gain ce cause et rentre à Paris
Il redevient ouvrier et monte une entreprise de ramonage et de chaudronnerie qui est devenue la multinationale Pontichelli qui compte aujourd’hui près de 4000 salariés.
En 1923, il se marie avec une française, et il obtiendra la nationalité Française en 1939 à le veille de la déclaration de guerre.

Quel destin et quel homme, mais aussi quelle santé, un exemple pour tous.

Lazare Pontichelli était décoré des titres et médailles suivantes, Croix de chevalier de la Légion d’honneur, Croix du combattant 14-18, Médaille interalliée 1918, Médaille des blessés, Croix de Vittorio Veneto, Merito di Guerra.

Lire la suite sur: http://anidom.blog.lemonde.fr/2008/03/14/51-il-est-des-ritals-qui-furent-de-grands-francais/.

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Commentaires (9)add comment

Blaise. a dit:

...
Tout à fait Nidolga, vous avez raison. J'avais voulu élargir sur l'époque dans laquelle, avant la guerre, vivait la population.

On connait de cet auteur 1984 ou "La ferme des animaux" mais il a fait deux récits autobiographiques qui sont "Dans la dèche..." et "Hommage à la Catalogne", celui-ci aussi est fascinant, durant la guerre d'Espagne.

Ma grand-mère aussi me racontait parfois cette époque. Elle allait avec son vélo échanger les tickets pour le vin contre des tickets pour le beurre, fallait bien nourrir la famille et avec un homme dans les prisons allemandes, ce n'était pas évident non plus...

Personnellement je crois en la notion de pays, ou plutôt, le terme est presque devenu grossier, en celui de "nation". On ne se rend jamais autant compte de ce que l'on est que lorsqu'on part en voyage. Alors on constate qu'on a les qualité et les défauts de notre contrée et que finalement, sans être meilleurs ou moins bons que les autres, nous sommes attachés quelque part, sans même le vouloir. Cela fait partie de nous.

Je suis français, c'est un fait, j'en suis heureux et fier et j'aime mon pays. L'amour de mon pays me conduit aussi à aimer les autres, l'Italie, l'Allemagne ou l'Angleterre, des pays plus lointains aussi. Je crois qu'à trop renier ces appartenances culturelles, nous nous perdons tous un peu. Il ne s'agit pas de se présenter comme les meilleurs du monde mais de savoir dire que nous ne sommes pas tous américains, nos langues sont riches et belle en Europe, nos histoires aussi, et nous devons savoir les entretenir.

Nos églises en France tombent en ruine, par exemple, nos chateaux aussi.

J'ai passé peu de temps en Italie, mais j'ai beaucoup aimé ma visite à Rome, à Bari ou encore dans les ruines près de Naples, je ne me rappelle plus le nom pardonnez-moi! Si Pompéi! L'Italie est un fort beau pays.

Je vais vous confier une chose : je n'ai pas eu le temps de lire votre article en détail, mais j'y reviendrai. J'ai écrit moi aussi sur Lazare Poncelli et la curiosité m'a amené ici.

J'y reviendrai donc.

Bien à vous

Blaise
 
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nidolga a dit:

...
Je viens de lire les commentaires et les critiques de "la dêche à Paris" de Georges Orwell qui s'appelait à l'époque Eric Arthur Blair. C'est un récit autobiographique sur la période de 1928 à 1933, cela n'a rien à voir avec celle de la guerre, même s'il y avait de la misère.
 
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nidolga a dit:

...
Vous me touchez beaucoup, non je ne suis pas né en 1930 mais en 1929 et j'ai 78 ans bien tassés puisque le 04/04 j'aurais 79 ans
Voila vous me connaissez.
On pourrait dire qu'il y a deux sortes d'italiens pour résumer un peu. Ceux comme mon père venu en France pour manger et pour fuir le fascisme, il ne supportait pas, après la fin de la guerre de 14-18. Ma mère est venue ensuite et je suis né en France. Ceux là sont venus pour rester et devenir français, ils ne pouvaient plus vivre en Italie, d'ailleurs mon père y est retourné 40 années après, mais il est vite revenu. Les autres sont venus pour travailler, mais sont restés Italiens et sont donc repartis dans leur pays au début de la guerre.
C'est comme les portugais actuellement, ils travaillent en France, construisent leur maison au Portugal pour y retourner plus tard, mais l'époque est différente c'est l'Europe
Quels sont ceux qui ont bien fait, difficile de trancher, c'est un problème de conscience.
Pour moi, dès lors que vous quittez votre pays comme l'ont fait mes parents, c'est une décision définitive, pour les autres je pourrais dire qu'ils n'ont pas eu la reconnaissance qu'il aurait fallu envers le pays dans lequel ils sont venus, bien que parfois, à leur décharge, ce pays se comporte très mal envers eux.
A notre époque cela n'a plus d'importance, la notion de pays s'est réduite et pour certains elle a disparue ainsi que la valeur morale, et beaucoup cherchent à profiter d'un peu du bien social des autres pays, ce qui est une forme d'exploitation de la richesse des autres sans y avoir participé. Cela pour moi n'a pas d'honneur et de valeur.
Je connais bien l'Italie pour y avoir trainé mes grolles pendant des années, c'est un pays merveilleux de beauté et d'histoire, de culture. c'est le berceau de notre civilisation, il faut voir le cachet de leur ville, de leur maisons, ils ont l'art en eux mêmes, mais je ne m'entends pas avec les italiens, je ne me sens pas bien en leur compagnie je suis différent. Ils ne sont pas francs pour ceux que je connais
Oui,le dernière guerre fut difficile, j'avais onze ans et seuls avec ma mère, pauvres, avec les restrictions nous n'avions rien à manger, elle se privait de pain pour moi et je faisais la queue dès 4 heures du matin pour quelques kilos de pommes de terre, nous étions sur au moins 100 m par rangées de 4 ou 5. Mais il n'y avait pas que cela, beaucoup d'autres privations, et aussi la peur que mon père soit démasqué lorsqu'il venait nous voir en cachette, et les bombardements et j'en passe.
C'est une longue histoire pénible de souffrance de peurs que beaucoup ne s'imaginent pas.
 
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Blaise. a dit:

...
Je viens tout juste de m'apercevoir que vous avez plus de 78 ans. Vous êtes donc né en 1930. Honneur aux anciens!

Je vous imaginais bien plus jeune. Période difficile que la dernière guerre...
 
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Blaise. a dit:

...
Si vous en avez l'occasion, lisez "Dans la dèche à Paris et à Londres" de Georges Orwell, il y parle de sa propre expérience de la pauvreté à Paris.
 
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Blaise. a dit:

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Tiens, je suis surpris que vous m'ayez répondu, merci!

Ceci dit, je disais dans mon commentaire qu'il ne me parait pas très bien de parler de "haine" des français envers les italiens de l'époque. Je pense que ce n'était pas si facile pour eux non plus. Je pense que les patrons profitaient aussi de la situation...

Mais je crois qu'un italiens qui venait en france faisait aussi un choix, celui de devenir français et il n'est pas toujours facile de le devenir comme ça.
 
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nidolga a dit:

...
Comme je vous suis, vous avez raison, je n'ai pas évoqué cette douleur de beaucoup d'italiens, on ne peut pas toujours parler de cette période de l'histoire entre ces deux pays.
C'est vrai que les italiens étaient exploités, très pauvres, mais aussi insultés ayant vécu cette période comme vous pouvez le constater, je peux en témoigner.
Quand nous avons été naturalisées juste à la déclaration de guerre, deux choix se présentaient, retourner en Italie, ou rester en Frace avec tous les risques pour mon père de partir au front et aussi pour nous.
Nous avons été naturalisés très rapidement
Il aurait été mobilisé si la guerre aurait duré et que les allemands n'auraient pas envahit la France jusqu'à la Loire.
Il n'y avait pas d'aide que de la haine pour nous.
Tous ne peuvent être Lazare Pontichelli, mais tous ces italiens qui sont restés en France pendant la guerre pour combattre avec la France sont aussi à honorer.
 
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Blaise. a dit:

...
Je n'aime pas ce genre d'article de propagande, je le dis d'autant plus facilement que j'ai moi-même une partie de ma famille qui est originaire d'Italie.

Ce genre de propos facile fait trop rapidement l'impasse sur l'exploitation des italiens pauvres qui arrivaient d'Italie et qui bossaient pour un moindre coût. Les tensions avec les autres étaient sans doute aussi dûes à cela. Constatons aussi autre chose : les "ritals" n'avaient pas d'aide de l'Etat, ils se démerdaient tout seul et avec beaucoup de courage.

Au sujet de Lazaro, devenu Lazare ensuite, constatons deux choses : il a francisé son prénom et a toujours fait le choix de la France, là où, il le dit lui-même, les autres italiens repartaient au pays. Il exprime d'ailleurs sa reconnaissance à la France qui l'a nourrit, en fait du fruit de son travail. Il n'y avait pas à d'aide en tout genre comme aujourd'hui, je me répète, ni RMI ni CMU et pour l'AME, même pas la peine d'y songer! Une demande HLM? De quoi rire...

La pauvreté à ce moment là était une horreur, lire à ce sujet "Dans la dèche à Paris et à Londres", nous parlons de marchands de sommeil aujourd'hui, comme si autrefois on ne louait pas dans des leiux très limite.

Lazare est exemplaire à plusieurs titres : il a toujours eu du courage, parti à neuf ans d'Italie, seul, pour gagner Paris,il a monté une entreprise qui marche toujours...

 
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libertus a dit:

...
Seulement naturalisé français en 39!!!!
Cela va décidément plus vite pour naturaliser les footballeurs,cherchons l'erreur
 
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