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35h : duplicité et passage en force |
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| 29-05-2008 20:00 - 2509 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Olivier Bonnet - Lire son flux RSS | |
Précisément, ils avaient légitimé un accord d'entreprise lorsque les syndicats ayant obtenu 30% des voix des salariés valablement exprimées l'acceptent, avec un droit d'opposition pour la majorité. Exception pour les dispositions sur le temps de travail de l'article 17, qui nécessitaient l'accord des syndicats ayant reçu la majorité absolue des suffrages exprimés. C'est cette exception que veut balayer Xavier Bertrand, ministre "je-passe-en-force" du Travail. Avec cette autre disposition de la "position commune" syndicale, justement inscrite dans ce même article 17 : il permet de relever les contingents d'heures supplémentaires par accords majoritaires en entreprise "à titre expérimental". Il n'est plus question d'expérimentation dans le projet de loi, qui offre de renégocier en entreprise d'autres modalités concrètes des 35h (repos compensateurs, règles de modulation du temps de travail, forfaits annuels, journaliers...). Sans nécessairement, donc, un accord majoritaire. Bertrand le justifie au prix d'un énième discours creux à la langue taillée dans du chêne massif : "Ces nouvelles souplesses seront négociées avec les partenaires sociaux dans les entreprises et permettront de sortir définitivement du carcan imposé par les 35 heures". Quel carcan ? Ah, oui, c'est vrai : les 35h empêchent les Français de travailler et ils ne travaillent pas assez. Sauf que c'est faux (voir Durée du travail en France : un mensonge d'Etat) ! Et que les entreprises, soi-disant prises dans un carcan, disposaient déjà depuis belle lurette d'un contingent d'heures supplémentaires, au-delà des 35h, qu'elles n'épuisaient pas. Quant à la "souplesse" invoquée par le ministre VRP du MEDEF, elle consiste évidemment à solliciter celle du salarié à courber encore l'échine. "Le temps de travail va devenir un élément de chantage dans les entreprises, prévoit ainsi Thibault : toutes les entreprises sont loin d'avoir une présence syndicale et les salariés seront en position de faiblesse pour négocier équitablement ces dispositions".
François Chérèque, le leader de la CFDT, ne s'estime pas moins trahi que son confrère cégétiste : "Je me demande comment, demain, je pourrai faire croire à mes militants qu'en signant un accord, on a la parole et la garantie du gouvernement qu'il respectera notre signature. C'est la première fois qu'un ministre du Travail rompt cette confiance", gémit-il. Ils sont sympas, Thibault et Chérèque, non ? Mais ne se seraient-ils pas un peu laissés avoir (et nous avec) ? "La CGT et la CFDT ont mis le doigt dans l'engrenage en signant ce texte", analyse Jacques Voisin, secrétaire général de la CFTC qui n'a pas signé la "position commune". "Il ne
Olivier Bonnet est journaliste indépendant, blogueur de Plume de presse et auteur de Sarkozy, la grande manipulation (Editions Les points sur les i, mai 2008).
Commentaires (4)
laury a dit:evajournalisterésistante a dit:
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