La course aux fauteuils
Dans toute démocratie qui se respecte, les coalitions se font avant et non après les élections, sinon, on usurpe la voix des électeurs. En admettant l’idée que nous sommes en apprentissage de démocratie, même dans ce cas, les coalitions devraient se faire sur la base de similitudes d’orientations idéologiques et de rapprochement de programmes politiques. Or, à quoi assistons-nous sinon à une mascarade où les partis sont en cachette en train de se partager le gâteau. Même les médias se prêtent au jeu et chacun allant de son pronostic de qui est l’heureux ministrable.
Dans toute démocratie qui se respecte et qui veut promouvoir l’émergence d’un exécutif fort et d’un législatif tout aussi fort, les coalitions se font selon des idéologies communes. La coalition gouvernementale devrait oublier Al Koutla et Al Wifaq, coalitions nées de l’alternance voulue par Hassan II au début dés années 1990, et réalisée en 1997, il y a 10 ans, pour copier la Gauche/Droite française en diluant les partis dits progressistes, en réalité non makhzéniens, dans un gouvernement dirigé par un exilé socialiste Abderrahmane El Yousfi et initié et contrôlé par Driss Basri. Ces coalitions sont aujourd’hui désuètes et appartiennent davantage à une fin de règne.
Dans cette logique, comment expliquer à un électeur que le PJD, islamiste modéré cotoie dans l’opposition l’UC, droite libérale, deux partis ni plus ni moins islamiques ou libéraux que l’Istiqlal et que de nombreux partis de l’extrême gauche à l’extrême droite sont dans l’opposition. Quelle opposition peut-on attendre sans qu’il y ait un choix du courant et du contre courant, du conservatisme et du progressisme, du libéral-islamisme et de la social-démocratie, de la chose et de son contraire, voilà pourquoi on se déplace dans les bureaux de vote, sinon à quoi bon si c’est pour dépenser une fortune en élections, une autre fortune dans 2 chambres pour finalement assister à une mascarade.
Pôles ministériels
Dans les démocraties, on groupe les pôles ministériels et on crée de nouveaux centres d’intérêt.
Au Maroc, nous avons besoin d’un Ministère de la Consommation pour réglementer un pan de l’activité humaine qui échappe à tout contrôle. Le cas des jouets Mattel doit nous donner à réfléchir, les marocains sont exposés en permanence à la mal-consommation : produits non étiquetés, ni en prix, ni en composition, produits périmés, dangereux pour la santé, importés de Chine ou fabriqués au Maroc, et ce, sans que personne ne s’en émeuve, ni aux départements du Commerce, ni à ceux de la Santé.
Nous avons besoin d’un Ministère de l’Ecologie pour évaluer les pertes cumulées depuis 1980 sur nos ressources agricoles, forestières et halieutiques dues au réchauffement de la planète et aux effets de serre. Dans le cadre de coopération à la fois bilatérale et multilatérale avec nos partenaires américains et européens, nos problèmes de sécheresse et leurs conséquences sur notre économie doivent être défendus afin que la solidarité riches/pauvres, pollueurs/pollués, se manifeste en temps réel. La mondialisation a un coût et c’est aux nantis de le supporter.
Avec 4500 tués sur les routes et 3 fois plus d'handicapés chaque année, c'est non seulement un Secrétariat d'Etat aux handicapés qu'il nous faut reconduire, mais encore faut il instaurer un Secrétariat d'Etat chargé de la prévention routière. Enfin, tous les ministères à vocation sociale seront renforcés.
La tache d’Abbas El Fassi n’est pas facile et n'est pas dénuée de coups bas ni de rancoeur, et tout laisse croire que ce sera : retour à la case départ, c’est le Roi qui va trancher au bonheur des …abstentionnistes qui auront eu raison de se taire..