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Le Seitai, cet art de vivre |
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| 12-10-2007 09:23 - 1916 visites - Flux Ecologie, Animaux, Nature - Ecrit par lnle - Lire son flux RSS | |
Olivier Nesmon était invité dans nos locaux il y a quelques temps. Il est l’un des représentants du dojo Seitaiho en France, où il partage le fruit de onze années d’apprentissage intensif au Japon, aux côtés de son maître Imoto. Le Seitai tel que le pratique Olivier, est une gymnastique préventive, qui à l’aide d’exercices physiques spécifiques dits "taiso", réapprend au corps à se défendre. Les pratiquants de Seitai croient fermement en notre propre capacité à nous régénérer en puisant dans la connaissance naturelle de notre corps. Dans une société où l’infantilisation du malade prédomine, il est vital de s’attarder sur les rapports que nous entretenons avec lui. Il n’est pas « ça », il est « je ». Le Seitai se veut guide dans cette réflexion.
Si je ne m’obligeais pas à une parfaite transparence quant à mon degré de confiance en cette discipline récente, je vous dirais que l’éventualité d’une déception ne m’avait nullement effleuré. A l’heure où tous, sommes en quête d’une direction sûre à suivre, il n’est pas rare de croiser sur nos chemins de novices, maîtres à penser aux motivations incertaines ou charlatans se jouant des concepts asiatiques difficiles à appréhender. Etant moi-même attachée à une discipline martiale et à un maître en qui j’accorde ma pleine confiance, j’admets me laisser aller par moment à cette fougue aux propriétés néfastes « d’œillères » qui caractérise tout jeune pratiquant d’une discipline donnée. A la question de savoir comment il réagit à l’éventuel scepticisme de ses nouveaux élèves, Olivier répond en souriant : « c’est normal ». Aucun prosélytisme, beaucoup de réalisme s’échappe de ces deux mots. Il ne cherche à convaincre personne mais il convaint tout de même par ses propos justes, simples, honnêtes.
La force d’Olivier réside dans la compréhension de deux conceptions de l’apprentissage : l’une asiatique, l’autre occidentale. Tandis que l’une demande une assiduité sans relâche et une exécution de l’exercice demandé autant de fois que possible, dans la confiance totale du maître, l’autre place le questionnement sur un piédestal et la réponse qui s’ensuit conditionne l’exécution de l’exercice. " La force d’Olivier réside dans la compréhension de deux conceptions de l’apprentissage : l’une asiatique, l’autre occidentale.Pourquoi nier à tout prix que l’alliance des deux est possible ? Cette réaction conservatrice qu’excuse peu la passion, a pour conséquence d’abandonner les novices occidentaux dans une flaque de doutes dont il serait si simple de les sortir. Il n’est pourtant pas exclu que l’élève, une fois conforté lors des premiers doutes, s’imprègne petit à petit de ce silence asiatique qui communique mieux que toute parole, le pouvoir que possède son corps. La transition entre les deux systèmes nécessite une souplesse d’esprit de la part de l’élève. Mais plus encore de la part du maître, éternel élève, sollicité dans son humilité et son désir de transmettre sa connaissance.
Au rythme des différents taisos que supervisent Olivier et ses quatre élèves, j’observe l’éveil des corps entrés fatigués quelques heures plus tôt. Mais surtout, je ressens mon propre éveil à cette carcasse que j’ai négligé ces derniers temps. La simplicité a cela de pervers qu’elle fait naître le doute dans nos esprits embourbés dans l’idée que le bonheur ne s’obtient qu’au prix de pénibles efforts. Il est tout à l’honneur de ce véritable « art de vivre » de nous faire renouer avec le plaisir que procure une écoute humble et attentive de notre corps. Le Seitai se donne pour objectif de réapprendre à chacun qu’un corps possède son propre langage, qu’il exprime mieux que n’importe quoi et malgré ce que lui dicte notre intellect, notre accord ou son contraire face à nos propres valeurs. Qu’il s’agisse de frustration d’ordre professionnel ou d’ordre privé, le corps envoie des signaux sensitifs en réaction à cette désharmonie. Stimuler la partie douloureuse afin de mieux comprendre d’où provient ce mal, et appliquer sérieusement les exercices appropriés constituent la seconde étape. Car s’il est essentiel d’agir sur le corps, il l’est davantage qu’un travail en amont ait été effectué au préalable dans le but de déterminer la motivation de chacun. Il devient ainsi possible de dévoiler les conflits internes, aussi minimes soient-il pour non seulement y remédier au cours d’un travail régulier et assidu, mais aussi pour éviter qu’ils ne refassent surface.
« Il n’est question d’aucun mysticisme, d’aucune magie, d’aucun mystère. »Je réponds à sa demande en exprimant mon principal ressentir : j’ose espérer que très bientôt, les arts martiaux s’ouvriront aux principes du Seitai restant convaincue que ceux-ci se grefferaient avec harmonie à toutes les disciplines martiales sans exception aucune. Ils apporteraient ou renforceraient une base de médecine traditionnelle parfois chancelante, et prodigueraient une réelle amélioration des compétences de chaque pratiquant en lui ouvrant la voie d’une meilleure connaissance de son corps, de ses propres capacités et lui aideraient ainsi à repousser ses limites. Le Seitai, parce qu’il est la preuve la plus efficiente que le commun des mortels porte en lui le don d’œuvrer lui-même au maintien de sa santé, se présente comme la clé accessible, d’une vie équilibrée pour tous.
[Retrouvez l'interview accordée par Olivier Nesmon à notre équipe, sur WWW.BUDDHACHANNEL.TV]
Commentaires (1)
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