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Manaudou nue : les limites de la censure |
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| 20-12-2007 21:07 - 50567 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Olivier Bonnet - Lire son flux RSS | |
Enorme
buzz sur le Net à propos des photos de Laure Manaudou nue, qui
se traduit par une multiplication par dix des requêtes sur google
concernant la championne. Elle bat même Carla Bruni
! La menace de
plainte a fait renoncer les blogs et sites français à publier les
clichés du scandale, et
obligé ceux qui les avaient dans un premier temps mis en ligne à les
supprimer. Si bien qu'il n'est plus possible aujourd'hui de trouver les
photos qui excitent les curieux sur l'Internet... français ! Mais
ailleurs ? Facile. Quelques minutes de googlage avisé et voilà le
travail (photo ci-contre) : un blog italien* n'a même pas peur !
Les efforts de Maître Poulmaire, l'avocat de la nageuse, n'y peuvent
rien. L'internationalisation de l'information ainsi que sa propagation
virale interdisent d'envisager sérieusement aujourd'hui la censure
totale et efficace d'un contenu, quel qu'il soit. Il convient parfois
de s'en plaindre. La championne française n'a certainement pas
l'exhibitionnisme si développé qu'elle entendait dévoiler sa nudité,
livrée en poses suggestives, aux yeux de tout internaute émoustillé.
Elle s'est simplement livrée à une séance coquine avec son petit ami du
moment - rien ne prouve qu'elle ne date pas d'avant la période Luca
Marin, le journal Aujourd'hui en France écrivant que les
photos ont été proposées à la presse il y a plusieurs mois.
L'exposition publique des images de cette vidéo intime (sex tape
dit-on) est bien sûr condamnable. Une fois qu'on a précisé cela, on
peut aussi craindre que l'intervention personnelle du secrétaire d'Etat
aux Sports, Bernard Laporte, qui se répand dans les médias en
indignation outragée, ne soit contreproductive, en braquant un peu plus
les projecteurs de l'actualité sur cette affaire. L'effet collatéral
pourrait être de fournir de nouveaux arguments à ceux qui s'inquiètent
de la libre expression sur Internet, en diabolisant une nouvelle fois
la Toile, présentée comme l'ultime repaire des rumeurs, des
calomnies
et des déballages les plus sordides. Ne tombons pas dans ce panneau :
Internet doit rester ce canal alter-informatif qui, parfois, lorsqu'un
sujet fait la "Une" de la blogosphère, oblige les médias dominants à
embrayer. Aurait-on ainsi vu les stupéfiantes images de la conférence
de presse de Sarkozy au G8,
après son entrevue avec Poutine, si la vidéo diffusée par une chaîne
belge, assortie d'un commentaire moqueur du journaliste ("apparemment, il n'avait pas bu que de l'eau"),
n'avait été visionnée des millions de fois sur le Net ? A l'heure du
ron-ron des principaux médias anesthésiés, le Réseau doit plus que
jamais rester ce potentiel contrepouvoir. Et cette mise en garde n'est
pas gratuite : alors qu'il était ministre de la Culture, Renaud
Donnedieu de Vabres n'avait-il pas esquissé un projet de censure de l'information en ligne ? Gare à ne pas jeter le bébé de la liberté d'expression sur Internet avec l'eau du (grand) bain de Laure Manaudou.
* : dont nous ne divulguons l'adresse que sur FaceBook (;-)
Commentaires (3)
Olivier Bonnet a dit:new reporter a dit:
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